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    Régions

    Fès-Marchands ambulants: Opérations coup de poing pour libérer les trottoirs

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5475 Le 18/03/2019 | Partager
    Les boulevards Mohammed V et Lalla Meriem en priorités
    Des points noirs à éradiquer à R’cif, Boujloud et Oued Fès… aussi

    Les autorités locales préparent une vaste opération de recasement des marchands ambulants de l’avenue Lalla Meriem et boulevard Mohammed V, à Fès.  «Ne vous inquiétez pas, ces espaces seront bientôt libérés. Nous allons y mettre de l’ordre grâce à des projets structurants. N’attendez pas de moi de petites actions pour jeter de la poudre aux yeux, mais plutôt des opérations réfléchies et à fort impact!» confie, à L’Economiste, un haut responsable de l’administration territoriale. Décryptage.

    ■ L’espace de commerce de proximité Saâda, un projet pilote

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    Afin de mettre un terme à la problématique des marchands à la sauvette, les conseillers communaux avaient voté à l’unanimité l’acquisition du foncier de recasement dans les six arrondissements de la ville. Ils retiennent en mémoire le succès retentissant de la libération du domaine public du quartier Saâda, une opération «pilote» menée à l’initiative des autorités locales. Pour rappel, plus de 500 marchands ambulants qui squattaient les trottoirs de ce quartier ont été recasés dans un «espace de commerce de proximité», mitoyen du lycée Al Qods. Aménagé grâce à l’Initiative nationale pour le développement humain, le nouvel espace est situé au quartier El Farah. Il est régi par un règlement intérieur de 8 articles, affiché à l’entrée du site. Ce cadre exige de chaque exploitant la propreté de son espace de commerce, la qualité des produits commercialisés et le paiement d’un loyer mensuel de 150 DH à l’association «initiative autonome du développement local Saâda». Cet espace vient de fêter son 1er anniversaire. Il reçoit quotidiennement entre 10.000 et 15.000 visiteurs. Que du bonheur pour les bénéficiaires qui peuvent désormais intégrer le secteur formel et avoir le statut du commerçant. Propre et régulé par des normes d’hygiène, ce marché a permis d’améliorer les conditions de travail de ces vendeurs.

                                                                           

    ■ L’avenue Lalla Meriem retrouvera ses lettres de noblesse

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    En effet, si la libération du boulevard Mohammed V devrait coïncider avec le lancement d’un vaste chantier d’aménagement de voirie (50 millions de DH) et concernerait quelques dizaines de marchands ambulants, celle de l’avenue Lalla Meriem (à côté de la mosquée Tajmouaâti) nécessiterait une grosse artillerie. Car les squatteurs sont comptés par centaine et constituent une véritable menace d’ordre sécuritaire. «Il ne s’agit réellement pas de marchands ambulants du fait qu’ils disposent de voitures utilitaires et proposent des marchandises dont la valeur s’élève à plusieurs milliers de dirhams», estime notre source. Pour évacuer ces colons, une opération coup de poing est imminente. Celle-ci devrait être générale et irrévocable. Elle permettra surtout à l’avenue Lalla Meriem et au boulevard Hassan II de retrouver leurs lettres de noblesse.

                                                                           

    ■ Des souks improvisés dérangent les riverains

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    Ailleurs, d’importants moyens logistiques ont été déployés aux quartiers Al Massira, Bensouda, Bendebbab et autres, pour démolir des kiosques non autorisés et recaser les marchands à la sauvette. Ainsi, les agents d’autorité, appuyés par les forces auxiliaires, ont rasé les souks improvisés qui ont poussé un peu partout comme des champignons. Pour les responsables de la wilaya, la libération du domaine public est une affaire névralgique. Pour la réussir, il faut beaucoup de volonté et surtout un dispositif implacable. Ces opérations ont été très appréciées par les riverains qui espèrent ne plus voir «les colons du domaine public qui se débarrassent de leurs détritus sur place». Si ce n’est pas le marchand à la sauvette, c’est le commerçant ou le propriétaire de café qui en fait sa propriété. Ainsi, au quartier Oued Fès, rues 24 et 25, personne ne semble pouvoir arrêter la prolifération des marchands ambulants. Pourtant, la mairie avait promis d’étudier la possibilité d’aménager des aires dédiées et imaginer une solution définitive et pérenne pour ce problème complexe et épineux. Aux dernières nouvelles, le maire a confié à la société Al Omrane la construction d’une aire dédiée au quartier Hadika, mais les riverains s’opposent. «Quoi qu’il en soit, il faut lutter contre ces souks improvisés sur les principales artères, devant les maisons, boutiques, établissements scolaires, mosquées, etc.», estiment les habitants de la ville.

                                                                           

    ■ Des points noirs à la place R’cif et Bab Boujloud

    Il est des endroits où, en plus d’une circulation très dense, s’ajoute l’anarchie qui règne sur les lieux, sans oublier les cris ennuyants et les tas d’ordures laissées sur les trottoirs et la chaussée, ainsi que les odeurs nauséabondes occasionnées. «Il est inadmissible de voir certaines places historiques se ruraliser au détriment de l’histoire ancestrale de Fès et l’organisation de ses marchés et commerces d’antan», martèle un sexagénaire. Ce dernier rappelle les opérations de recasement des marchands ambulants conduites par les anciens conseils communaux et qui avaient toutes échoué. Se réunissant au début dans la place de Bab Mahrouk donnant sur Bab Boujloud, les vendeurs qui avaient profité de magasins dans un marché aménagé l’avaient quitté, cédant la place à d’autres. Plus bouleversant, selon lui, les marchands ambulants qui proposent désormais des vêtements d’occasion (chaussures, sacs, et autres) à l’entrée de la place R’cif et à Bab Boujloud, les deux principaux accès de la médina. Mais pas de crainte, car l’autorité est décidée de mettre fin au commerce informel qui a proliféré d’une façon flagrante. «Outre l’aménagement de la place Bab Boujloud, nous lui consacrons un budget de 5 millions de DH pour son animation», indique un responsable de l’autorité locale. Signalons enfin que bien qu’elle soit dure et épineuse, l’opération de recasement des marchands ambulants permettrait de récupérer le domaine public. Elle devrait renforcer également la propreté et la sécurité de la ville.

    De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

     

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