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Culture

Expo: L’escale marrakchie de Brice Marden

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5466 Le 05/03/2019 | Partager
L’artiste américain au Musée Yves Saint Laurent
Après le Guggenheim, le MoMA et la Tate Gallery
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Marrakech vue par l’artiste. Loin de toute reproduction, les œuvres, entre minimalisme et abstraction gestuelle,  semblent tout autant instinctives que savantes. « Marrakech drawing 6,  2017 » © 2019 Brice Marden / Société de défense des droits des artistes (ARS), New York 

En 1975, le musée Guggenheim de New York lui consacre une rétrospective. Plus tard, ses expositions font le tour de l’Europe, notamment au Musée d’art moderne de la ville de Paris (1992) en passant par la Tate Gallery, de Londres la même année.

En 2005, Le MoMA de New York  (Museum of  Modern Art) acquiert 3 de ses œuvres majeures, une année plus tard, l’institution lui dédie une importante rétrospective de  peintures et dessins. Brice Marden est aujourd’hui l’un des peintres américains les plus influents de sa génération.  L’artiste, né en 1938, fait escale à Marrakech pour une exposition inédite (la première en Afrique) au Musée Yves Saint Laurent, jusqu’au 12 mars.

L’exposition rassemble plus de soixante œuvres, huile sur toile ou encres sur papier, dont certaines, réalisées au Maroc, n’ont encore jamais été montrées au public.  De New York, à la vallée de l’Hudson, à l’île de Nevis dans les Caraïbes en passant par l’île grecque d’Hydra ou encore Marrakech, Marden, fasciné par la couleur et la lumière de ses contrées, qu’il retranscrit dans ses œuvres, propose un fabuleux «carnet de voyage» restituant les atmosphères de ces lieux spécifiques.

Loin de toute reproduction, les œuvres, entre minimalisme et abstraction gestuelle,  semblent tout autant instinctives que savantes, fruit d’une observation aiguë de la nature.  Influencé par la calligraphie extrême-orientale,  certaines œuvres présentées évoquent, avec une austérité de couleurs neutres, grises, noires ou tirant sur l'ocre, une écriture imaginaire, tandis que d’autres plus colorées, invoqueraient plutôt le mouvement virevoltant et hypnotique d’une danse  rituelle.

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En hommage à sa femme Helen, les couleurs du Maroc.  Brice Marden, «Helen’s Moroccan Painting, 1980»  © 2019 Brice Marden / Société de défense des droits des artistes (ARS), New York

Brice Marden est familier du  Maroc, où il travaille depuis 2015 une partie de l'année. L'exposition comprend une œuvre majeure «Helen’s Moroccan Painting, 1980»  en hommage à sa femme, aux couleurs inspirées par le vert des vallées et le rouge de la terre, comme en témoigne l'artiste lors d'un voyage en janvier 1978 à Ouarzazate.

C’est Helen Marden, peintre également, qui fait découvrir le pays à son mari, en 1978. Helen désirait absolument y rencontrer Paul Bowles, mythique écrivain américain établi de longue date à Tanger. C’est lui qui amènera le couple trois ans plus tard à s’établir temporairement à Tanger, où Brice Marden enseignera la peinture à des étudiants en art, marocains et américains, durant l’été 1983.

La fascination de Helen Marden pour la culture berbère conduira le couple à acquérir plus tard un ensemble de riads au cœur de la médina de Marrakech. C’est là qu’aujourd’hui Brice Marden continue à peindre. Certaines des soixante œuvres calligraphiées sur papier présentées dans l’exposition ont été réalisées au Maroc.

L’artiste peintre, tout comme Yves Saint Laurent, attribue au Maroc, et en particulier à Marrakech, la découverte et le pouvoir de la couleur qui ont eu une influence prépondérante et durable dans l’œuvre du couturier, Brice Marden a été lui aussi séduit par la lumière magique des fins d’après-midi de la «ville ocre».o
Amine BOUSHABA

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