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    Echec de la fusion Alstom-Siemens: Bruxelles pointé du doigt

    Par L'Economiste | Edition N°:5451 Le 12/02/2019 | Partager
    Le rejet est qualifié de mauvais coup à l'industrie
    Paris et Berlin veulent reformer les règles de concurrence
    La Commission européenne se défend
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    Quelques jours après l’avis négatif de Bruxelles (cf. notre édition N° 5449 du vendredi 8 février 2019) concernant la fusion Alstom-Siemens, les réactions et les critiques fusent de toutes parts. Pour ses partisans, cette fusion devait créer un champion européen à même de faire face à la concurrence chinoise, mais pour Bruxelles le consommateur se retrouverait lésé par un tel mastodonte en position dominante (https://europa.eu).

    Pour le Premier ministre français, Édouard Philippe: «C'est un mauvais coup à l'industrie européenne et une mauvaise décision…». Paris et Berlin prévoient une initiative pour reformer les règles européennes de concurrence et faire face à la Chine. «Nous sommes convaincus que nous devons repenser et modifier ces règles», a déclaré pour sa part le ministre allemand de l’Économie, Peter Altmaier. Il a annoncé «la préparation d'une initiative germano-française en la matière».

    Le ministre français des Finances Bruno Le Maire avait dénoncé plus tôt «des règles obsolètes» et promis des propositions communes avec l'Allemagne. Selon lui, il s'agirait «de prendre le marché mondial comme référence et non plus seulement l'européen, et de donner aussi la parole aux chefs d'Etat européens».

    Présent au World Government Summit, un sommet annuel sur la gouvernance mondiale, dimanche 10 février 2019 à Dubaï, Bruno Le Maire a prononcé un vibrant plaidoyer en faveur d'une «Europe plus forte et d'un nouveau capitalisme plus juste».

    Le ministre a admis que «beaucoup de changements devaient être opérés pour améliorer le fonctionnement de l'Union européenne et que certaines règles communautaires étaient dépassées». Dans ce contexte, il a cité l’échec du mariage Alstom-Siemens.

    «La France et l'Allemagne regrettent la décision de la Commission», a-t-il dit, tout en ajoutant qu'étant donné la «brutalité de l'économie mondiale, nous souhaitons que l'Europe et les compagnies européennes disposent de tous les outils pour rivaliser et réussir…».

    C’est via communiqués que Siemens et Alstom ont exprimé leur avis. «Les deux firmes regrettent que les mesures compensatoires proposées, y compris les dernières corrections, n’aient pas été jugées suffisantes par la Commission européenne. Elles avaient une portée très large et répondaient à toutes les inquiétudes formulées par la Commission concernant la signalisation et les trains à très grande vitesse».

    «En outre, beaucoup d'acteurs européens crédibles et bien établis avaient exprimé un intérêt marqué pour cet ensemble de mesures correctives, confirmant ainsi pleinement sa viabilité», expliquent les deux sociétés.

    Elles demeurent convaincues que «l’opération aurait entraîné une création de valeur importante pour tout le secteur de la mobilité, l’industrie ferroviaire européenne, les clients, les voyageurs et les navetteurs, sans nuire à la concurrence européenne. Elle aurait permis la création d’un acteur européen capable de faire face à la concurrence croissante des entreprises non européennes…».

    De fait, Alstom, Siemens (Paris et Berlin) ont maintes fois souligné que le but de ce mariage avorté était de créer un champion capable de faire face au mastodonte chinois CRRC, le spécialiste mondial du ferroviaire, dont ils redoutent l'arrivée sur leurs marchés traditionnels. Alstom et Siemens Mobility pèsent environ 8 milliards d'euros de chiffre d'affaires chacun, CRRC entre trois et quatre fois plus.

    Mais la Commission européenne n'a pas semblé convaincue par la réalité de la menace chinoise. Elle a jugé qu'Alstom et Siemens auraient ensemble une position trop dominante en Europe dans la signalisation ferroviaire et les trains à grande vitesse. Se concentrant sur la poursuite de leur croissance et se basant sur une feuille de route stratégique, les deux groupes repartent de l’avant.

    Les possibilités de consolidation

    Alors que le management d’Alstom expliquait que le groupe français «comptait repartir de l'avant, tout seul. Au moins pour le moment…», le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a fait savoir qu'il allait «réfléchir aux possibilités de consolidation pour Alstom». Parmi les entités potentielles, il y aurait le canadien Bombardier Transport. Problème: les deux groupes se retrouveraient en situation quasi-monopolistique en France, notamment sur le matériel roulant. La presse étrangère cite aussi le français Thales, qui réalise 1,7 milliard d'euros de ventes dans le ferroviaire ou encore l'espagnol CAF, qui était intéressé par les cessions envisagées dans le cas de la cession avortée. Et peut-être... Siemens, dans quelque temps, si les règles de la concurrence en Europe devaient être assouplies…

    F. Z. T. avec agences

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