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    Analyse

    Mines: Un secteur à repositionner

    Par Nadia DREF | Edition N°:5436 Le 22/01/2019 | Partager
    Après 5 ans, la stratégie des mines hors phosphates a montré ses limites
    Une nouvelle réforme est en cours
    Octroi de permis miniers, réglementation, ouverture de nouvelles zones… Les chantiers 2019-2021
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    L’année 2018 a connu la fermeture de 20.000 puits dangereux de charbon à Jerada. Les 10.000 restants seront fermés également, assure la tutelle. Pour compenser les pertes d’emplois, 20 nouveaux permis ont été attribués aux jeunes de la province rassemblés en coopératives (Ph. Bziouat)

    Rendre le secteur minier plus attractif, tel est le grand défi à relever. Dans un contexte mondial en pleine mutation, le Maroc n’a plus le choix. Après cinq ans de mise en œuvre de la stratégie de développement des phosphates et des mines, le constat est sans faille.

    L’industrie minière hors phosphates n’arrive pas à décoller. Même la tutelle confirme cet échec. «Malgré les chantiers ouverts en vue de redynamiser ce secteur, les résultats escomptés sont encore en dessous des attentes», tient à préciser Aziz Rabbah, ministre de l’Energie, des Mines et du Développement durable.

    Régime fiscal attractif, zones inexplorées, infrastructures et logistique, cadres législatifs et réglementaires adéquats, expertise dans le secteur, environnement politique stable, géologie favorable… Les multiples atouts dont dispose le Maroc restent insuffisants pour attirer les investisseurs. Une refonte de fond en comble s’impose.

    Pour rectifier le tir, la tutelle planche actuellement sur un nouveau repositionnement stratégique. «Cette vision claire tiendra compte de la convergence des intérêts des différentes parties prenantes. Elle vise à rendre les mines un secteur modèle à l’horizon 2030 œuvrant pour une croissance durable, territoriale, partagée et inclusive», tient à préciser le ministre.

    Comment y arriver? Plusieurs projets seront lancés entre 2019-2021. Ils concernent plusieurs chantiers: législation et réglementation, gestion du patrimoine minier, fiscalité, infrastructure géologique, développement régional, RSE, RH, PME minières ou encore la promotion minière.

    L’enjeu est de taille. Les premiers résultats des travaux de cartographie géo-scientifique ont démontré l’existence de potentialités énormes surtout au niveau des régions de Drâa-Tafilalet et du Souss-Massa. Des zones qui seront ouvertes aux investisseurs nationaux et étrangers. Les travaux de cartographie géo-scientifique se poursuivent pour donner plus de visibilité aux opérateurs publics et privés.

    A titre d’exemple, ceux qui ont été entrepris, entre 2017 et 2018, ont couvert une superficie de 74.750 km², avec un investissement de 70.575 millions de DH. D’autres projets sont en cours couvrant les provinces du Sud, le Haut Atlas, la zone Cadetaf et l’Oriental.

    En 2019, l’Onhym réalisera 45 projets de recherche minière situés dans les zones les plus prometteuses du pays contre 49 en 2018. Les travaux concernent les métaux précieux, les métaux de base et l’uranium, les roches et minéraux industriels, la reconnaissance minière et la géothermie.

    La tutelle a du pain sur la planche pour mieux répondre aux défis du secteur: découvrir de nouveaux gisements, optimiser la valorisation des substances minérales exploitées, assurer son développement durable, accompagner les opérateurs… Le Maroc dispose d'importantes réserves en phosphates et d’une industrie de transformation avancée qui en fait le premier exportateur mondial.

    Il jouit également d’une structure géologique appropriée qui renferme une variété de substances minérales telles que l'argent, le cuivre, le plomb, le zinc, la barytine, le flyorine, le cobalt, etc. Ce qui a permis le développement de l'activité minière dans toutes les régions du Royaume. Les enjeux de la transformation sont portés par des unités industrielles qui assurent la production de lingots d'argent, d'oxyde de zinc et des cathodes de cobalt.

    Afin d’accompagner davantage les opérateurs miniers et d’en attirer de nouveaux, le département de tutelle travaille sur l’adoption de nouvelles procédures liées à l’attribution de permis miniers ou encore la réattribution des permis révoqués. 2019 sera également marquée par la poursuite de la mise à jour du patrimoine minier.

    Pour la période 2017-2018, 1.051 permis de recherche ont été institués. 25 licences d’exploitation ont été attribuées en plus d’une autorisation d’exploration au profit de la société Marita Group.

    Par ailleurs, 620 permis de recherche ont été renouvelés tandis que 64 permis miniers ont été cédés. Suite aux événements de Jerrada, le ministère a octroyé 20 autorisations exceptionnelles pour l’exploitation du charbon au profit de 20 coopératives de la province. Ceci, en plus de 6 autorisations exceptionnelles pour l’exploitation du plomb et du zinc au profit de 6 coopératives.

    En revanche, 20.000 puits dangereux ont été fermés et 10.000 autres sont en cours de fermeture. Par ailleurs, le ministère a entrepris une étude d’évaluation de 14 sites miniers situés à Jerada. Il a également établi la carte du potentiel minéral de la province.

    Autre chantier: l’élaboration d’un guide des procédures relatives à l’activité minière ainsi que le suivi du projet de dématérialisation des procédures. Le ministère affirme avoir lancé une série de consultations avec différents acteurs et intervenants en vue de développer et simplifier les procédures administratives de l’octroi des titres miniers.

    Côté réglementation, un projet de décret pris pour l’application des dispositions de l’article 116 de la loi n° 33-13 vise à organiser et réglementer les activités de l’extraction, de la collecte et de la commercialisation des fossiles, des météorites et des spécimens minéralogiques, tout en s’appropriant les enjeux de la préservation du patrimoine géologique.

    Et pour mieux vendre le modèle marocain, les préparatifs sont en cours pour l’organisation de la première édition du congrès international dédié aux mines et intitulé «Marrakech Mining Convention» prévue à Marrakech du 17 au 19 avril prochain.

    Objectifs à atteindre

    La stratégie de développement du secteur minier hors phosphates a fixé des objectifs ambitieux. Elle vise à porter le chiffre d’affaires à près de 15 milliards de DH, à multiplier par dix les investissements dans la recherche et l'exploration minières pour atteindre 4 milliards de DH et à créer 30.000 emplois directs, soit deux fois le nombre de postes actuels. Pour ce qui est des phosphates, la feuille de route table sur la consolidation du leadership du Maroc sur le marché mondial. Ceci à travers l’amélioration de sa compétitivité en augmentant la capacité de production d’OCP Group, en réduisant les coûts et en réalisant une flexibilité industrielle et commerciale permettant de s'adapter aux fluctuations du marché par l’intégration complète dans la chaîne de valeur. Pour la période 2008-2028, le programme d'investissement prévu dépasse les 200 milliards de DH.

    Nadia DREF

     

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