Economie

Alertes sur les écosystèmes marins!

Par Nadia DREF | Edition N°:5388 Le 08/11/2018 | Partager
Le Fonds mondial pour l’environnement et l’Unesco sensibilisent sur l’impact des changements climatiques
Industrialisation, surpêche, urbanisation… les freins à une économie bleue
Le stress hydrique se creuse au Maroc
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Les écosystèmes d’eau douce et marins subissent les impacts du développement socioéconomique et se trouvent menacés davantage par le changement climatique. Ceci en raison de la croissance démographique, l’industrialisation, l’urbanisation, la surpêche et les modes de production et de consommation inappropriés. (Ph. SEDD)

«Il est urgent d’agir», tel est le message fort de la 9e Conférence de la Biennale sur les eaux internationales qui se tient à Marrakech du 5 au 8 novembre. Un événement organisé par le Fonds mondial de l’environnement (FEM) et l’Unesco, en partenariat avec le secrétariat d’Etat chargé du Développement durable.

Une manifestation de taille qui intervient à la veille de la mise en œuvre des agendas internationaux, notamment celui de l’Accord de Paris, celui de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD). Et, surtout, à l’approche de la COP24 prévue du 2 au 14 décembre prochain à Katowice en Pologne.

Durant 4 quatre jours, cette rencontre a réuni environ 350 participants représentant les gouvernements de plus de 80 pays et ceux des agences d’exécution du FEM (BM, BAD, Pnud, FAO, Onudi, Berd…). Les participants ont pu échanger sur les expériences, politiques et procédures relatives à la gestion des projets sur les eaux et les océans ou encore les priorités émergentes en la matière. Ceci dans le but d’améliorer la performance globale du portefeuille des projets FEM.

La situation est très critique. «Un homme peut choisir son eau, mais un poisson non!», s’exclame Vladimir Ryabinin, secrétaire exécutif de la Commission océanographique intergouvernementale de l’Unesco. Au Maroc, le stress hydrique se creuse davantage malgré le cumul d’une expérience, non négligeable, de gestion des eaux, notamment en irrigation. Selon les données présentées, le disponible en eau ne dépasse pas les 750 m3/ha/an. Pis encore, il serait de 500 m3/ha/an, selon le dernier chiffre avancé par Hmar Ras de l’ONEE, le 4 octobre dernier, lors d’un atelier organisé en marge du salon Pollutec Maroc. Des statistiques qui interpellent à plus d’un titre.

De son côté, Nezha El Ouafi, secrétaire d’Etat chargée du Développement durable, a souligné qu’une fois encore le nouveau rapport du Groupe international des experts du climat a démontré que les écosystèmes d’eau douce et marins subissent les impacts du développement socioéconomique et se trouvent menacés davantage par le changement climatique. Ceci en raison de la croissance démographique, l’industrialisation, l’urbanisation, la surpêche et les modes de production et de consommation inappropriés.

Autant de freins au développement d’une économie bleue durable s’appuyant sur des programmes intégrés, inclusifs et solidaires. A contrario, ces menaces contribuent davantage à la perte progressive de ce capital naturel et réduit sa résilience ainsi que sa capacité à subvenir aux besoins des générations actuelles et futures.

«Nous sommes tous appelés aujourd’hui, au-delà des frontières politiques, à coopérer ensemble et à plusieurs échelles pour faire face aux différentes menaces qui guettent nos écosystèmes côtiers et marins. Le Maroc a présenté des modèles réussis et a développé des concepts à dupliquer en Afrique et à l’échelle des pays arabes», a déclaré Nezha El Ouafi, lors de la Biennale.

Et d’ajouter: «Nous disposons de plus de 3.500 kilomètres de côtes et nous accordons un intérêt particulier à la question de la mer et du littoral qui fait partie intégrante de la Stratégie nationale pour le développement durable, et ce, à travers un ensemble de réformes politiques, institutionnelles, réglementaires et financières».

Sur le plan réglementaire, une loi dédiée au littoral a été adoptée. Celle-ci a pour objectifs la protection, la mise en valeur et la conservation du littoral à même de garantir l’équilibre et la pérennité de ses multiples fonctions. Sur le plan opérationnel, des programmes en matière de mise à niveau, de surveillance et de veille environnementale sont mis en œuvre, dont le Programme national d’assainissement liquide, le Programme national de gestion des déchets ménagers ou encore le Programme de surveillance de la qualité des eaux de baignade et de la qualité du sable des plages.

Ces initiatives sont accompagnées par des mesures incitatives et fiscales, notamment à travers la mise en place d’un Fonds national de l’environnement et du développement durable alimenté par des écotaxes et la promotion de l’éco-innovation dans le domaine de la R&D.

Actuellement, 21 plans d’action de développement durable sectoriels (PADDs) ont été réalisés dans le cadre de la SNDD. Un Plan d’action transversal sur l’exemplarité de l’Etat a été également adopté et obligera les administrations publiques au niveau national et territorial de donner l’exemple en termes d’environnement et de développement.

L’implication de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement dans la sauvegarde des océans et plages est un cas d’école. Le secteur privé n’est pas en reste. Il est de plus en plus conscient des enjeux liés à l’eau et au changement climatique pour l’entreprise en termes de risques, mais également d’opportunités pour sa compétitivité. Toutefois, la mobilisation n’est pas très grande, malgré les efforts issus du partenariat muti-acteurs sur l’eau, «Initiative Caolma» mise en place par la CGEM et présidée par Houria Tazi Sadeq.

                                                                            

FEM: 138 millions de dollars accordés au Maroc

Depuis sa création en 1991, le FEM a financé environ 4.000 projets pour un montant d’environ 14,5 milliards de dollars dans le monde. Au Maroc, ce fonds a appuyé plus de 39 projets pour un montant global d’environ 138 millions de dollars sous forme de dons.

Le Royaume a également participé à plus de 40 projets régionaux et globaux associant plusieurs pays bénéficiaires. Il bénéficie aussi du Programme micro-financement du FEM au profit de la société civile pour la création de bénéfices environnementaux globaux à travers des solutions communautaires et locales. Actuellement, 17 projets sont en cours d’exécution au Maroc couvrant les domaines du changement climatique, la biodiversité et la préservation des terres, les produits chimiques et les gestions des eaux internationales. Ils bénéficient d’un appui sous forme de projets de renforcement de capacité, de démonstration et d’investissement.

Lors de la 7e phase de reconstitution des fonds du FEM, le Maroc a pu bénéficier d’un don à travers le Système d’allocation Transparent des Ressources (STAR) de 10,4 million de dollars. La tutelle compte préparer et exécuter 3 projets éligibles, notamment en matière de changement climatique, de biodiversité, de produits chimiques et de ville durable et économie circulaire.

Nadia DREF

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