Culture

Hicham El Mansour: Un fauve à Tanger

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5369 Le 11/10/2018 | Partager
Du 19 octobre au 19 novembre à la Galerie Dar D’Art
Un ami et élève de Mohamed Attaalah
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La mosquée de la kasbah, une toile dans laquelle le seul point de référence représentatif est la plus petite allusion à son minaret hexagonal, qui domine le fond central de l’œuvre. Son utilisation réussie de riches couleurs primaires et la réalisation d’une simplicité de forme se combinent pour produire une œuvre qui est peut-être la vue fauviste et impressionniste la plus parfaite jamais réalisée pour Tanger (Ph. HElM)

Le travail de Hicham El Mansour est certainement «la vue fauviste et impressionniste la plus parfaite jamais réalisée pour Tanger», la description est de Terence MacCarthy et Andrew Clandermond, qui expriment leur point de vue dans le catalogue de l’exposition de l’artiste, «Le génie de la tonalité harmonieuse», prévue à la galerie Dar D’Art à Tanger du 19 octobre au 19 novembre. 

«El Mansour  perce le cœur de l’exil et remplit la coupe de son mal du pays au débordement. C’est l’œuvre d’un vrai natif de Tanger qui tire toute son énergie créatrice de la beauté lyrique de son environnement… il cherche l’humeur, crée un travail émotif, plutôt que de saisir une exactitude de forme architecturale. L’écho de Tanger dans la mémoire de l’exil est capturé, ignorant le visage de plus en plus laid de la ville moderne», persiste le duo de critique d’art.

L’artiste tangérois propose en effet une peinture audacieuse exécutée de manière experte dans une palette coloriste que l’artiste domine complètement. Il y a atteint une distinction de style qui, bien qu’ancrée dans le réalisme, est devenue la forme la plus exquise de l’abstraction, une image brisée très fragmentée des monuments historiques ou des paysages les plus caractéristiques de Tanger, conservant l’essence de la forme.

La mosquée de la kasbah, le Grand Socco, la baie de Tanger et son port s’habillent dans les toiles d’El Mansour  de couleurs chatoyantes offrant une effervescence de sensations renouvelées, chargées de charme sous l’ardeur du soleil de la ville du détroit. L’artiste coloriste et expressionniste accompli, capte avec aisance cette lumière si particulière de la ville qui a fasciné, bien des artistes avant lui, d’un certain Delacroix, en passant par Kees Van Dongen ou encore Francis Bacon.

Hicham El Mansour était à la fois un ami et un élève du défunt maitre Mohamed Attaalah, l’un des derniers protégés de Mariano Bertucci, qui a d’abord émergé comme grand peintre réaliste de l’école Tétouan, avant d’adopter la forme la plus extrême de l’abstraction géométrique en participant aux expositions-manifestes place Djemaa El Fna à Marrakech puis place du 16 novembre à Casablanca, avec Mohamed Hamidi, Farid Belkahia, Mohamed Chebaa, et Mohamed Melihi.

Très saluées par les critiques, les œuvres récentes exposées à Dar D’Art affichent surtout tout le talent de ce peintre, dont la maturation artistique est bel et bien établie depuis des décennies. Et c’est nettement perceptible dans ses travaux qui possèdent le sens de l’universel intemporel. Ils sont en somme d’une limpidité chromatique considérable. Et la fantaisie qui caractérise sa liberté d’expression demeure quasiment lyrique. Cette expérience, ce natif de Tanger l’a partagée un peu partout depuis plusieurs décennies, aux quatre coins du monde, à travers bon nombre d’expositions et rencontres d’art.

Aujourd’hui, il décide de l’exposer à Tanger, sa ville natale, terrain de son enfance,  dévoilant ainsi ses œuvres récentes inspirées de fragments et de symbolisme, plus gestuelles et moins formelles.

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