Economie

Tourisme: RAM, ONDA, ONMT... Des solutions de rupture

Par Amin RBOUB | Edition N°:5354 Le 20/09/2018 | Partager
Privatisations, la bouée de sauvetage
Fusion entre la SMIT et l’ONMT?
Un office de promotion sclérosé de l’intérieur

Pour remettre le train du tourisme sur les rails, les experts préconisent des solutions de rupture. Autrement dit, revoir de fond en comble  le statut voire la vocation et le mode de gouvernance de certaines composantes stratégiques du secteur.

Par rupture, l’on entend surtout la gouvernance, une nouvelle méthode d’organisation institutionnelle (public/privé)... L’enjeu est de mettre en place un cockpit de pilotage avec des tableaux de bord et des indicateurs scientifiques pour mettre en place un véritable observatoire qui joue pleinement son rôle.

Refonte globale des instances de gouvernance

Les solutions de rupture concernent notamment la RAM (aérien), l’ONDA (politique aéroportuaire) l’ONMT (la promotion), la Smit (ingénierie)... «La Smit n’a pas démontré son utilité. Il faut bien admettre l’échec de cette structure. Nous recommandons son absorption par l’ONMT», préconise le Comex.

Par ailleurs, l’ONMT est qualifié «d’office sclérosé de l’intérieur». La solution serait une fusion entre les deux structures, avec de nouveaux statuts, de nouvelles règles opérationnelles, l’intégration d’experts spécialisés, de ressources hautement qualifiées...

Sur le volet promotion, il va falloir changer la vocation de l’Office en passant de la publicité au marketing stratégique. «La structure de promotion se doit de devenir le spécialiste de la demande, notamment un producteur régulier d’études de marché très approfondies».

Le Comex préconise également la refonte de la taxe aérienne, la réforme de la TPT ou encore  la priorisation des gros marchés émetteurs. Les experts vont plus loin et recommandent la privatisation de l’Office aéroportuaire (ONDA) avec la nécessité de mener une réflexion de fond sur la politique aéroportuaire dans son intégralité.

Quant à l’avenir de Royal Air Maroc, il est des plus incertains, selon le rapport. Là aussi, le Comex préconise la privatisation de la RAM, tout en créant des low cost marocains à l’instar du modèle Air Arabia. «L’Etat doit impérativement jouer son rôle et permettre à la compagnie nationale de doubler sa flotte», insiste Amyn Alami. Pour sauver la RAM, il va falloir impérativement prendre des décisions stratégiques et l’Etat devra mettre la main à la poche pour pouvoir doubler la flotte à l’horizon 2025.

Selon le rapport, l’ouverture du ciel (Open Sky) a complètement bouleversé le paysage aérien avec des conséquences lourdes sur le pavillon marocain. Il va sans dire qu’il y a une position dominante des low cost avec une vingtaine de compagnies qui contrôlent le ciel marocain. Elles assurent 44% des vols internationaux (76% si l’on exclut l’aéroport de Casablanca).

Les low cost contrôlent 8 sur 10 aéroports du Maroc, avec des parts de marché comprises entre 70 et 100%. Du coup, la RAM s’est repliée sur le hub de Casablanca (70%). Pis, la compagnie nationale n’assure quasiment plus de desserte point à point sur l’Europe. Sur les vols internationaux, elle réalise à peine 36% et moins de 30% sur l’Europe.

«RAM est sortie partout du marché sauf de Casablanca», déduisent les experts. Ce qui renseigne sur les fragilités commerciales de la compagnie. Autrement dit, RAM a deux options:  soit grandir et se réinventer, soit disparaître.

Aérien: Le redécollage du pavillon national

Selon l’étude, 63 pays et 112 aéroports sont connectés avec le Maroc, via 44 compagnies. Parmi elles, une vingtaine de low cost, 8 TO Charters... L’aérien est la colonne vertébrale de toute destination touristique. Pour le cas de RAM, Hassan II aimait à l’ériger en symbole de «souveraineté nationale». Le rapport des experts du Tourisme recommande au pavillon national de réinventer son positionnement stratégique. Autrement dit, défendre ses périmètres et ses territoires, notamment via le hub Maroc-Afrique (transit); développer de nouvelles autoroutes et liaisons (Europe et long courrier) ou encore développer les vols internes et densifier le marché du point à point touristique. Même le positionnement produit de RAM est appelé à se réinventer. Ce qui passe par la qualité de service, l’accueil, les prestations, la productivité, les tarifs,... Pareil pour l’agressivité commerciale (force de vente, communication, marketing). La tutelle est également appelée à soutenir l’aérien afin de réduire la concurrence et la dépendance face à la mainmise des low cost.

 

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