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    Régions

    Transit MRE: Une semaine noire pour TangerMed

    Par Ali ABJIOU | Edition N°:5342 Le 03/09/2018 | Partager
    Des milliers de voyageurs ont dû passer la nuit à la belle étoile en attendant de traverser le Détroit
    Faibles capacités d’Algésiras, billets non confirmés... les explications de la Direction du port
    Un système à revoir pour les billets à retour «Open»
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    Des délais d’attente de plus de 18 heures pour des milliers de MRE de retour en Europe (Ph. Adam)

    La dernière semaine du mois d’août 2018 restera gravée dans l’esprit de Said. Ce MRE venu de France a passé la nuit du vendredi au samedi dans sa voiture, douze heures pour traverser les quelques kilomètres qui séparent la sortie de l’autoroute de Melloussa de l’entrée du port passagers TangerMed.

    Une fois arrivé, son calvaire ne se termine pas. Il devra patienter quelques heures encore avant de pouvoir enfin accomplir les formalités et embarquer dans le bateau.

    Comme lui, plusieurs dizaines de milliers de Marocains du monde ont dû prendre leur mal en patience depuis mercredi dernier. Ce jour-là, TangerMed, le plus grand port passagers du Maroc, n’a pas pu absorber les flux exceptionnels des MRE. Si mardi 28 août le port avait réussi à transporter 39.000 passagers sans broncher. Mercredi, les flux ont quasiment doublé pour atteindre 53.000 passagers et plus de 10.500 véhicules.

    Du jamais vu dans les annales du port! Les délais d’attente ont commencé à grimper en flèche, de 2 heures, la durée est passée à 10 et ensuite à 14 heures, pour atteindre vendredi soir 18 heures! Le flux de véhicules était tel, que le bouchon formé s’étendait le long de 10 kilomètres sur l’autoroute de Melloussa. A partir de samedi, la situation était redevenue sous contrôle, finalement. Mais qu’est-ce qui a bien pu provoquer cette situation ?

    Pour Hassan Abkary, directeur du port passagers, les raisons sont multiples. D’abord, la volonté d’une grande partie des MRE de retarder leurs vacances et rester jusqu’à la fin du mois d’août et la fête du mouton. D’où les flux importants de personnes et de véhicules voulant traverser en même temps. Ensuite, les billets émis étaient pour la plupart des billets open, non confirmés. Ce qui a fait grossir la liste de voyageurs.

    Pour leurs voyages en voiture au Maroc, les MRE ont l’habitude de prendre des billets sans préciser la date de retour, une commodité pour eux, mais un vrai casse-tête pour les autorités portuaires qui doivent jongler avec un surplus important de voyageurs, poursuit le responsable portuaire qui précise qu’une telle attitude serait impensable lors d’un voyage par avion ou autocar.
    Par ailleurs, face à la saturation des autres ports de la région comme celui de Nador dans l’Oriental, les retardataires se sont rabattus sur TangerMed.

    Ensuite, une autre raison de fond est le non-suivi du reste de la chaîne. Dans le cas du Détroit, la capacité du port TangerMed, aussi élevée soit-elle cette année avec la mise en place d’une douzaine de bateaux, dépend de celle de son port miroir, Algésiras. Ce dernier affiche une capacité maximale de 40.000 passagers qui est très difficilement extensible pour atteindre les 45.000, sur la ligne le reliant à TangerMed.

    Selon Abkary, l’impossibilité du port espagnol à suivre le rythme a entraîné des bouchons dans le déroulement de l’opération. «Algésiras, avec ses capacités limitées, accueillait les bateaux et les faisait patienter en attendant de traiter les véhicules par blocs de 50», affirme le responsable portuaire qui défend le port marocain et ses équipements.

    Heureusement pour Saïd, il avait pu finalement monter à bord d’un des bateaux assurant la liaison. Il a pu se rafraîchir un peu et en fin d’après-midi il roulait pensif sur les autoroutes espagnoles. Comme lui, de nombreux MRE ont dû penser que l’année prochaine, il faudrait que cela change.

    Et c’est ce qui est prévu, du moins par la force du calendrier. En 2019, il est prévu que la date de la fête du mouton se déplace pour se placer aux environs du 12 août. Ce qui évitera une bonne partie des désagréments de cette année.

    Billet open: Un système à revoir

    Le système des billets «open», tel que pratiqué actuellement au niveau du Détroit, a montré ses limites. Il devient de plus en plus difficile de reprendre le contrôle de la situation en cas de dérapages comme lors de cette semaine et ce, face à l’augmentation exponentielle des flux. Pour les opérateurs maritimes, qui portent aussi une part de responsabilité, la mise en place de billets fermés serait mal prise par les passagers. Pour ces derniers, les liaisons courtes comme celle de Tanger offrent le confort de la flexibilité avec des billets permettant de traverser n’importe quand. Alors que les liaisons plus longues comme celle de Nador ne travaillent qu’avec des billets fermés, à cause du nombre moindre de fréquences quotidiennes.
    D’autres ports comme celui de Sebta par exemple opèrent eux aussi sur la base des billets fermés. La semaine dernière n’a pas été de tout repos pour eux car ils ont affiché complet, mais sans trop de débordements ni de délais d’attente.

    De notre correspondant permanent, Ali ABJIOU

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