Régions

Supercoupe: Tanger déclare sa flamme au FC Barcelone

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5334 Le 15/08/2018 | Partager
Des milliers de supporters du Barça et de Séville ont suivi le match à guichets fermés
Une manne importante pour les hôteliers et le reste du secteur touristique
Tanger se forge un nom pour la délocalisation de ce type de rencontres sportives
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Leo Messi, le capitaine et superstar de l’équipe catalane reçoit le trophée de la supercoupe, sous le regard bienveillant de Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale Marocaine de Football et de son homologue espagnol Luis Manuel Rubiales. Le regard attentif, Abdelouafi Laftit, le ministre de l’Intérieur dans la tribune d’honneur (Ph. Bziouat)

La capitale du Détroit n’a pas eu de peine à assurer l’organisation de la supercoupe espagnole dimanche dernier. La ville a passé sans encombres ce crash test grandeur nature grâce à des installations sportives de premier plan entre lesquelles figure en tête de peloton le stade Ibn Batouta.

Une réussite que certains spectateurs ont relativisé dénonçant pour certains des couacs dans l'organisation: accès difficile au stade, vols de billets et débordements. Le match (qui a opposé le FC Barcelone au FC Séville et s’est soldé par la victoire des Blaugrana 2 à 1) s’est cependant joué quasiment à guichets fermés, les 43.000 places ont toutes été épuisées plusieurs jours avant le match.

En effet, la proximité géographique a beaucoup joué dans ce sens. Séville, à moins de trois heures par route, Barcelone, à une heure d’avion, ont assuré un afflux important de supporters ibériques des deux équipes. Selon une source proche des organisateurs, près du tiers des places ont été vendues aux supporters espagnols des deux équipes, le reste ayant été à la charge des supporters nationaux qui ont été nombreux à faire le déplacement au Nord.

Une situation qui a soulagé les hôteliers de la ville qui ont connu l’un de leurs meilleurs week-ends depuis le démarrage de la saison d’été avec un taux d’occupation dépassant les 80%. S’il est difficile d’estimer l’apport de cette rencontre, certains l’évaluent dans une fourchette variant entre 10.000 et 15.000 nuitées, de quoi oublier à moitié le désistement du monarque saoudien Salmane.

Ce dernier, habitué à passer l’été à Tanger y venait accompagné d’une importante suite, un millier de chambres durant tout un mois étaient mobilisées pour leur séjour. Mais cette année, le monarque avait faussé chemin à la ville et à ses hôteliers, un faux-pas qui s’est accompagné par le retard de l’arrivée des MRE (retard comblé depuis) et qui avait tenu le secteur touristique de la ville en haleine.

En plus de nationaux, c’est avec les supporters catalans que la ville a le plus gagné. Ces derniers ont dû pour la plupart passer la nuit du dimanche à lundi à Tanger pour repartir soit par avion, pour les plus chanceux soit par route. La plupart des touristes venant de Séville ont pu, dès le coup de sifflet final, prendre la route vers le port de Tanger et s’assurer une place dans le dernier ferry au départ de Tarifa.

Malgré tout, les critiques n’ont pas manqué de fuser. La ville, même parée de ses plus beaux atours comme une marina flambant neuf et des équipements urbains du premier ordre, ne respirait pas l’ambiance d’une telle rencontre. Peu ou pas de décorations et pratiquement aucune pancarte d’accueil pour ses illustres hôtes, des détails qui auraient permis de faire la différence et de montrer la capacité de la ville à accueillir et surtout à le faire savoir.

La ville capitalise sur ses expériences passées

La ville de Tanger et son stade Ibn Batouta, ne sont pas à leur premier essai en la matière. La ville a déjà accueilli avec succès plusieurs rencontres internationales. La dernière en date est celle du trophée des champions du championnat français de football, en juillet 2017. D’ailleurs, Tanger est la seule ville en dehors de la France à avoir accueilli à deux reprises ce trophée, la première fois c’était en 2011. Une année après, le stade de la ville accueillait les stars du Barça qui ont pu découvrir la ville lors d’un match de gala face au Raja.

                                                               

Pourquoi ce choix?

Pour la fédération espagnole de Foot, l’organisation de la supercoupe à Tanger a permis de régler un épineux problème d’Agenda. Prise entre le Mondial de Russie et le démarrage de la Liga prévu pour ce vendredi, la programmation d’une coupe à deux  rencontres était une mission impossible. Tanger a permis de sélectionner un stade neutre à match unique et qui ne supposerait pas une trop longue distance pour décourager les ‘aficionados’, pari réussi. 

 

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