International

Les banques européennes en bonne santé

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5331 Le 08/08/2018 | Partager
De meilleurs résultats, le coût du risque diminué
Une reprise sur fond d’incertitudes
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Le secteur bancaire européen se porte bien. Mais les performances risquent d’être difficiles sur fond d’incertitudes politiques liées au Brexit et aux tensions commerciales. Les banques devraient aussi s’adapter à un environnement de taux bas (Ph. AFP)

Au deuxième trimestre 2018, la majorité des banques européennes ont présenté des résultats solides (les filiales marocaines devraient en bénéficier). Du Français BNP Paribas au Britannique Barclays, en passant par l’Italien Intesa Sanpaolo, l’Helvétique Credit Suisse ou encore l’Espagnol BBVA, l’état de santé de beaucoup de grands noms du secteur européen s’améliore, rapporte l’AFP.

Plusieurs de ces établissements ont diminué leur coût du risque. Un indicateur qui intègre les provisions des banques pour faire face à d’éventuels accidents de remboursement des prêts. Elles ont d’ailleurs profité de la baisse de ce coût du risque pour augmenter leurs bénéfices dans un contexte de taux bas.

C’est le cas de la banque française Société Générale qui table sur une maîtrise de celui-ci sur le reste de l’année. Entre avril et juin, le groupe a vu son bénéfice net progresser de 9,3% (+8,6% en données retraitées) à 1,15 milliard d’euros. Et ce, essentiellement grâce à ses activités de banque de détail et de services financiers à l’international.

Au deuxième trimestre, le résultat net du Groupe Crédit Agricole a atteint le niveau trimestriel le plus élevé depuis la cotation. Il a dépassé, comme au deuxième trimestre 2017, les deux milliards d’euros à 2.076 millions d’euros. Cette performance a été atteinte grâce à un fort dynamisme commercial, tiré par les ventes croisées et surtout un excellent contrôle des charges.

Les banques espagnoles (BBVA, CaixaBank), portugaise (Caixa Geral de Depositos) ou italienne (Intesa SaoPaolo), qui progressivement se délestent de leurs actifs toxiques, s’inscrivent aussi dans cette tendance. De son côté, l’Italien Monte Paschi di Siena, après avoir multiplié les pertes et bénéficié d’un sauvetage public l’an passé, a confirmé le redressement amorcé en début d’année avec un bénéfice sur ce trimestre. Même si le travail s’annonce encore long et difficile.

Aussi, la banque néerlandaise ING a publié un bénéfice net en hausse de 4,2% au 2e trimestre pour s’établir à 1,43 milliard d’euros. Ceci grâce à une hausse de sa base clientèle et de ses activités de prêts. Le groupe financier a engrangé sur les trois derniers mois 400.000 nouveaux clients particuliers, ce qui porte ce nombre à 38,2 millions. Dans le cadre de sa stratégie «Think Forward», ING prévoit d’investir 800 millions d’euros d’ici 2021 dans le cadre de sa transformation numérique.

La banque italienne UniCredit a annoncé avoir enregistré une hausse de son bénéfice net de 8,3% au deuxième trimestre, à 1,024 milliard d’euros, un chiffre meilleur qu’attendu. Le ratio de fonds durs propres (CET1 fully loaded), indice très suivi par les analystes car il mesure la capacité à faire face à des crises, a atteint 12,51%, contre 13,06% fin mars, un niveau extrêmement élevé malgré son recul.

Le groupe souligne que ce ratio sera compris entre 12,3% et 12,6% à la fin 2018 et au-dessus de 12,5% fin 2019, ses objectifs initiaux, mais précise cette fois que cela se fera au niveau de spread actuel.

Beaucoup de mesures pourraient venir ternir ce tableau relativement optimiste. Certaines performances risquent d’être difficiles à reproduire dans un environnement de taux bas et sur fond d’incertitudes politiques liées au Brexit et aux tensions commerciales. Le retour du protectionnisme est au premier plan des préoccupations des investisseurs.

Leur salut proviendrait de la Banque centrale européenne (BCE) si elle relevait ses taux directeurs. Toutefois, celle-ci n’a donné aucun signe en ce sens et prévoit de les garder à leur très bas niveau actuel au moins jusqu’à l’été 2019. L’autre inconnue demeure les banques britanniques face aux longues négociations sur la première phase du Brexit.

 

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