International

Tutelle des créanciers: La Grèce coupera bientôt le cordon financier

Par L'Economiste | Edition N°:5302 Le 27/06/2018 | Partager
Athènes se financera seule sur les marchés dès le 20 août 2018
Fin des programmes d’aide, allègement de la dette…
L’évaluation des institutions internationales
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Les créanciers de la Grèce viennent d’acter la fin des programmes d’aide qui pèsent sur elle depuis 2010. L’accord lui permettra de quitter comme prévu la tutelle de ses créanciers (zone euro et FMI) le 20 août 2018. Il comprend un allègement de sa dette (178% du PIB, le niveau le plus élevé en Europe), via des allongements de périodes de remboursement. Objectif: l’aider à assurer sa crédibilité sur les marchés.

L’accord, qualifié d’historique, ne devrait pas «pour autant détruire le chemin parcouru sur les réformes et sur les efforts budgétaires», a indiqué le Premier ministre grec Alexis Tsipras. Il reste convaincu que l’austérité va peu à peu être remplacée par la justice sociale. Tout en promettant une baisse d’impôts l’an prochain et un retour progressif de l’Etat social (...), des conventions collectives, une revalorisation du salaire minimum…

Les ministres des Finances de la zone euro se sont mis d’accord sur les modalités de sortie de la Grèce des trois programmes d’aide de 273 milliards d’euros au total, en échange de plusieurs réformes. Sur la liste figure la réforme controversée des retraites, la refonte de l’imposition directe et indirecte (réforme de la TVA, lutte contre l’évasion fiscale, élargissement de l’assiette d’imposition…).

Dans le détail, l’Eurogroupe a accepté d’allonger de dix ans les échéances de remboursement d’une grande partie de la dette grecque, avec un début de remboursement en 2032 au lieu de 2022 jusqu’à présent. Les ministres ont aussi validé le versement d’une toute dernière tranche d’aide de 15 milliards d’euros, dont 9,5 alimenteront le «matelas financier» prévu en sortie de programme.

La Grèce a renoué avec la croissance en 2017 (+1,4%) et table sur +1,9% cette année puis +2,3% l’an prochain. Le pays affiche désormais un excédent budgétaire de 0,8% du PIB, après un déficit de 15,1% en 2009. Dans son appréciation du risque, Coface prédit un taux de croissance estimé à 2% en 2018.

De son côté, l’agence de notation Standard and Poor’s a annoncé avoir relevé la note de la dette souveraine de la Grèce. Tout en signalant un meilleur équilibre des risques quant à la solvabilité du pays. La notation qui passe de «B» à «B+» avec une perspective stable, reste dans la catégorie hautement spéculative. L’agence de notation relève que l’accord entre Athènes et ses créanciers de la zone euro «améliore le profil déjà très favorable de la dette souveraine grecque».

Elle se félicite aussi des progrès enregistrés par les banques. Celles-ci ont réduit le haut niveau de leurs prêts non performants. Ce qui devrait soutenir les conditions financières et aider à doper la croissance. Standard and Poor’s relève toutefois que l’endettement privé et public demeure important et déplore la faible capacité des autorités à attirer les investissements étrangers.

Manal Anouar

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