De bonnes sources

Libye/Terminaux pétroliers: Un nouveau bras de fer

Par L'Economiste | Edition N°:5302 Le 27/06/2018 | Partager
Le Conseil de sécurité des Nations unies interpellé

La Libye s'enfonce un peu plus dans la crise. Un nouveau bras de fer est déclenché  entre autorités politiques rivales autour du contrôle des terminaux pétroliers et de la gestion des revenus de l'or noir. Ce qui est loin des engagements pris en mai à Paris.

La Libye est dirigée aujourd’hui par deux entités rivales. Il s’agit du gouvernement d'union nationale (GNA), issu d'un processus onusien et reconnu par la communauté internationale basé à Tripoli et d’un cabinet parallèle installé dans l'Est. Ce dernier est soutenu par l'Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le maréchal Khalifa Haftar qui tente désormais de s'emparer de la gestion des pétro-dollars, la source majeure de revenus.

Haftar a annoncé, mardi 26 juin 2018, que toutes les installations sous le contrôle de son armée seraient remises à la Compagnie nationale du pétrole (NOC) du gouvernement parallèle basé dans l'est, au risque d'approfondir les divisions. L'ANL contrôle notamment les quatre terminaux du Croissant pétrolier (nord-est), en plus du port de Hariga, à Tobrouk, près de la frontière égyptienne, par lesquels l'essentiel du pétrole libyen est exporté.

Jusqu'ici, ces sites sont gérés par la Compagnie nationale de pétrole du GNA, basée à Tripoli, chargée aussi des exportations conformément à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. En réaction, le gouvernement libyen d'union nationale (reconnu internationalement) a appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à bloquer «toute tentative de vente illégale de pétrole» par les autorités rivales de l'est du pays.

Hier mardi, la Compagnie nationale de pétrole de Tripoli a ainsi fustigé la décision Haftar en soulignant que toute exportation de brut de la part des autorités parallèles serait illégale. «Les installations pétrolières, la production et les exportations doivent demeurer sous le contrôle exclusif de la NOC (de Tripoli) et sous la seule supervision du GNA», a prévenu Mustafa Sanallah, le patron de la NOC.

Tout en arguant que «les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU sont très claires». La NOC a par ailleurs adressé une mise en garde aux entreprises contre la signature de «contrats d'achat de pétrole auprès d'institutions parallèles». «La NOC intentera une action en justice contre eux», a promis Sanallah.

Des élections en décembre

Fin mai, le président français Emmanuel Macron avait réuni à Paris les principaux protagonistes de la crise libyenne, dont Khalifa Haftar et le chef du GNA, Fayez al-Sarraj. Ils ont obtenu un engagement sur des élections en décembre et l'unification des institutions.

M. A. avec agences

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