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    Régions

    Provinces du Sud: Un cluster pour soutenir les coopératives

    Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5296 Le 19/06/2018 | Partager
    74 coopératives et GIE opèrent dans 5 provinces des trois régions du sud
    Le cluster achète leur production, la conditionne et la commercialise
    Il assure également la promotion

    La survie d’une coopérative est tributaire de sa capacité à commercialiser ses produits. Or dans les provinces du sud, l’immensité du territoire et le besoin d’une clientèle spécifique pour acheter les produits sont des obstacles au développement et à la pérennisation des coopératives locales. Dans la perspective de contourner ces obstacles, il a fallu imaginer une solution innovante.

    L’idée était de fédérer les coopératives et les Groupements d’Intérêt économique (GIE ) dans une structure qui soit à la fois proche des coopératives mais aussi capable d’asseoir une notoriété sur le marché national. Les coopératives sont donc sorties du schéma classique et ont opté pour la fédération au sein du Cluster des Oasis du Sahara, un modèle réussi dans ces zones très difficiles d’accès et où les coopératives ont beaucoup de mal à s’en sortir toutes seules.

    Créé en 2011, le cluster réunit aujourd’hui 74 coopératives et GIE, tous produits confondus, et constitue un pilier important pour la viabilisation de celles-ci. «Le cluster achète la production des coopératives, en assurant la soumission des produits à des critères de qualité pré-établis, ensuite s’occupe du conditionnement et de la commercialisation sous la marque «Nadweyya».

    Le cluster a obtenu 4 labels d’Indication Géographique pour trois produits de terroir de la région: le henné, le miel et le couscous et vise dans le futur l’introduction de la certification Bio», rapporte Houcine Charbika, président du Cluster des Oasis du Sahara.

    Le COS joue le rôle d’un régulateur pour instaurer l’homogénéité des produits au sein des différentes coopératives, et rehausser la qualité pour garantir une image de marque du territoire couvert. Mieux encore, en 2012 a été créée une structure de droit privé portant le nom de «Cluster des Oasis du Sahara Social Business» (COS SB), dont la mission est la promotion et la commercialisation des produits de la fédération de coopératives.

    Alors que le COS, structure orientée vers l’appui au développement, s’occupe de la mise à niveau des producteurs membres et de la R&D, le COS Social Business, la structure orientée marché, se charge du conditionnement, de la promotion et de la vente.

    En 2012, la structure a ouvert son premier point de vente à Guelmim et a acquis des équipements logistiques pour la commercialisation. En 2014, un deuxième point de vente a été ouvert à la Marina de Rabat-Salé. Il faut noter que le Cluster a été récompensé pour la qualité de ces produits au Salon international de l’agriculture (SIAM) deux années consécutives en 2012 et 2013 et en 2016.

    La création du Cluster est une initiative du Programme des oasis du sud (POS), porté par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) au Maroc et l’Agence du Sud, qui s’est déroulé sur la période allant de 2006 à 2015. L’objectif global de ce programme est de sauvegarder et mettre en valeur les oasis et le patrimoine naturel et culturel des provinces du Sud marocain.

    Ce programme couvre les trois régions de Guelmim Oued Noun, Laayoune- Sakia El Hamra et Dakhla- Oued Dahab, et inclut 49 communes situées dans les provinces de Guelmim, Tata, Tan Tan, Assa Zag et Terfaya. Plusieurs produits de terroir et produits de niches sont représentés au sein du Cluster des Oasis du Sahara.

    On y retrouve le miel, les dattes, le cactus, l’argan, les câpres, et le couscous ainsi que les produits spécifiques aux populations nomades de ces régions dites «Beydane» comme le thé aromatisé, les produits carnés et les dérivés du lait camelin et caprin.

    Suite à un travail de longue haleine, le cluster a réussi à obtenir quatre labels Indication Géographique Protégée (IGP), pour ses produits. Il s’agit du «Henné d’Ait Ouabelli», «le Henné de Foum Zguid»,  le «Miel d’Euphorbe du Sahara» et le «Keskes Khoumassi».

    En outre, de nombreux produits issus des coopératives disposent du certificat «issu de l’agriculture biologique, par l’organisme de contrôle Ecocert. Il s’agit des dattes, figues de barbarie et dérivés, raquettes de cactus et dérivés, huile d’argane alimentaire et cosmétique, poudre de henné et câpres en saumures.

    Le cluster travaille actuellement sur la certification de quelques produits locaux avec le label Bio, en collaboration avec l’ONSSA et Ecocert. «L’opération de labellisation Bio du couscous Khomassi de notre territoire s’avère difficile à réaliser à cause du cahier des charges à remplir pour la certification, très compliqué et coûteux pour les coopératives», relève toutefois Charbika.

    Le développement humain au centre du projet

    Le Programme des oasis du sud (POS), repose sur la promotion de la planification locale; la valorisation des produits du terroir; la promotion de l’écotourisme; la préservation et la valorisation du patrimoine et la protection de l’environnement, le tout dans une optique de développement humain durable et intégré. Pour la valorisation des produits du terroir, le POS a créé le Cluster des Oasis du Sahara, mais également un Cactopôle pour les produits du cactus dans la commune d’Asrir. A terme, le quartier industriel devrait faire 25 ha et accueillir une centaine d’entreprises. En outre, le programme prévoit un Agropôle (parc agricole de 4.000 m²) à Foum Al Hisn, où il s’agit de moderniser l’exploitation des dattes, des produits maraîchers, des plantes aromatiques et médicinales, et de l’acacia radiana. Le programme a été accompagné en amont par l’élaboration des Plans Communaux de Développement couvrant les 46 communes concernées, dans une logique de participation citoyenne et d’implication des intervenants locaux institutionnels et de la société civile. Le processus de planification fut facilité par un dispositif de renforcement des capacités individuelles et organisationnelles portant sur 687 rencontres (formation, information, sensibilisation, réflexion et restitution), réparties sur un total de 806 journées organisées. En ont bénéficié 24.758 participants dont 9.161 femmes (37%) et 15597 hommes (63%).

    De notre correspondante permanente, Sabrina BELHOUARI

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