Analyse

Valorisation des déchets: L’économie circulaire trace sa voie

Par Nadia DREF | Edition N°:5292 Le 12/06/2018 | Partager
Informel, professionnalisation de la filière, législation…
Le tri sélectif peut capter entre 20 et 40% de la production des déchets

La secrétaire d’Etat, Nezha El Ouafi, ne jure que par le tri, le recyclage et la valorisation des déchets. A l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’environnement, la tutelle a organisé une rencontre pour fédérer les différents acteurs des secteurs public et privé ainsi que la société civile.

Les intervenants étaient unanimes: une refonte de fond en comble s’impose. La priorité consiste à contrer l’informel qui fait un ravage au niveau de la filière de la récupération et se propage de manière anarchique. «Ceci se répercute sur le taux de recyclage qui ne dépasse guère 10% au moment où la fraction potentiellement recyclable avoisine les 40% vu le changement des habitudes de consommation», avance le cabinet CID qui a dressé un bilan peu reluisant de la filière.

Ce dernier évoque des disparités entre la planification théorique et les possibilités de mise en œuvre. Pour trouver une meilleure adhésion au niveau des régions et des autorités locales, la tutelle travaille en tandem avec le ministère de l’Intérieur. Les équipes multiplient les réunions pour accélérer la cadence et proposer d’autres alternatives (financement, mise en œuvre, éco-taxes…).

D’ailleurs, le manque d’adhésion des conseils communaux au Programme national des déchets ménagers (PNDM) représente un frein au développement de la filière «tri-recyclage-valorisation».

La collecte, bête noire à Casablanca

Selon le cabinet CID, les responsables communaux ont d’autres priorités, ce qui freine le développement de ces activités lucratives. Reste qu’il faut les amener à adhérer à ce projet sociétal et environnemental. Ce sont des acteurs-clés sachant que la collecte des déchets ménagers est du ressort des communes urbaines.

Certaines grandes villes ont délégué la gestion à des entreprises privées, telles que Averda, Pizzorno Evironnement, Ecoval, Ozone... Au niveau de Casablanca, la collecte de 4.000 tonnes de déchets par jour donne encore du fil à retordre à la ville.

Après avoir débarqué Sita Blanca (cf. édition du 18 septembre 2017), c’est Casa Prestations qui supervise cette période transitoire de gestion de la propreté. Cette SDL a mandaté deux entreprises (Derichebourg et Mécomar) pour assurer l’intérim sur une période d’un an (6 mois renouvelés une fois) en attendant le lancement du nouvel appel d’offres (cf. L’Economiste du 18 avril 2018).

Autre contrainte, la difficulté de mise en application du cadre législatif (loi 28-00) qui renforce les prérogatives des communes. Les décrets d’application de la loi ne sont pas encore adoptés. Ce qui rend la mise en œuvre du PNDM très contraignante. Certes, il y a des initiatives de la collecte sélective introduites dans certains quartiers par la société civile, mais elles restent isolées.  Il y a surtout un manque de capitalisation et d’échange des bilans.

Une aberration vu que le tri sélectif pourrait détourner un flux de déchets recyclables évalué entre 20 et 40% de la production des déchets ménagers et assimilés (1 à 2 millions de tonnes). Ce qui permet également la réduction du tonnage à traiter dans les centres d’enfouissement et de valorisation (CEV) et la séparation des déchets non biodégradables et toxiques.

Rappelons que le Maroc compte 25 centres d’enfouissement et de valorisation (CEV) (collectant 3,94 millions de tonnes). La feuille de route 2017-2021 vise la création de 24 autres unités. Par ailleurs, 47 décharges non contrôlées sont réhabilitées tandis que 8 autres sont en cours de travaux.

 

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