Economie

Dialogue euro-africain sur la migration: Une responsabilité partagée

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5265 Le 04/05/2018 | Partager
Plus que le nombre d’arrivées irrégulières, il faut lutter contre les causes profondes
Le Maroc s’impose comme un partenaire essentiel en matière de gestion migratoire
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De gauche à droite: le ministre burkinabé de l’Intégration africaine et des Burkinabés de l’extérieur, Paul Robert Tiendrebeogo, le vice-Premier ministre belge, Didier Reynders, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et le commissaire européen aux Affaires intérieures, Dimítris Avramópoulos (Ph. Mokhtari)

Entre janvier et août 2017, 2.270 réfugiés et migrants ont perdu la vie en traversant la Méditerranée. De nombreuses autres personnes sont mortes lors de la traversée du désert et dans des centres de détention.

Extorsion, torture, exploitation et violences sexuelles, travail forcé jalonnent cette route migratoire à travers le sahara et la mer Méditerranée vers l’Europe. Des défis communs dans les relations euro-africaines, à intégrer dans un esprit de responsabilité partagée. Alors pour la 5e Conférence ministérielle du dialogue euro-africain sur la migration et le développement, ministres des Affaires étrangères et/ou de l’Intérieur d’une soixantaine de pays étaient réunis à Marrakech.

La place du Maroc est prépondérante sur cette question. Car, comme souligné par Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, «il est conscient de la part de son identité qu’il doit à l’immigration, de la part de sa communauté qu’il doit à l’émigration, et de la part de sa responsabilité qu’il tire de l’une et de l’autre. C’est, donc, tout naturellement que le Maroc parvient à comprendre les contraintes qui peuvent être celles de ses voisins européens, tout en étant authentiquement solidaire de ses frères africains».

En tant que pays d’origine, de destination et de transit, le Royaume est unanimement reconnu comme un partenaire essentiel en matière de gestion migratoire.

Depuis 5 ans que sa politique nationale d’immigration et d’asile est mise en place, 2 campagnes de régularisation des migrants ont été menées avec un bilan pour la dernière de 28.400 demandes, dont 95% sont des ressortissants de pays africains.

Mais le contexte migratoire est en pleine mutation. Reconfiguration des migrations à travers le monde, régionalisation progressive des migrations et accroissement des flux Sud-Sud, dépassant désormais les flux Nord-Sud, imposent un nouveau dialogue.

Cette conférence ministérielle étant une marche de plus avant le 11e Forum mondial sur la migration et le développement en décembre prochain, co-présidé par le Maroc et l’Allemagne, et la Conférence internationale sur la migration (CIM), d’où devrait sortir le «pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières».

«Une occasion historique de réformer la gouvernance mondiale des migrations», continue Bourita. Car au-delà de la maîtrise du nombre d’arrivées irrégulières, l’exigence aujourd’hui tient à la nécessité de lutter contre les causes profondes de la migration.

Le Processus de Rabat, qui s’aligne sur les processus internationaux comme le Pacte mondial ou les ODD, aspire à être l’incubateur de cette gouvernance nouvelle.

Un dialogue euro-africain sur la migration qui doit permettre aux Européens comme aux Africains de participer, sur un pied d’égalité, à la définition conjointe des termes de la coopération.

Processus de Rabat

L’autre nom du dialogue euro-africain sur la migration et le développement: le Processus de Rabat, s’inscrivant dans une démarche à long terme, vise à générer des connaissances et influencer le développement des politiques migratoires.
Pour réussir, il faut à la fois l’engagement des partenaires politiques et leur mise en réseau, ainsi que l’existence d’une expertise de qualité. C’est ainsi que son nouveau programme pour la période 2018-2020 se focalise sur un nombre d’objectifs plus limité, pour être davantage opérationnel.
L’objectif étant de mesurer comment les recommandations émises dans le cadre du dialogue contribuent à orienter les partenaires dans leur mise en œuvre des politiques, programmes et législations, et de savoir dans quelle mesure ces recommandations leur sont réellement utiles.

 

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