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Valyans: Le palmarès du bien-être par région

Par Amin RBOUB | Edition N°:5239 Le 28/03/2018 | Partager
Premier indice marocain sur le «Well-Being» régional
Surprenant! Les provinces du Sud les mieux classées
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Sur les conditions immatérielles, le critère lié à l’éducation place les régions du Sud (Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab) en tête du classement à l’échelle nationale, loin devant Casablanca-Settat et Rabat-Kénitra. Le Sahara affiche le plus faible niveau d’analphabétisme et la part la plus élevée dans l’enseignement secondaire

Le cabinet d’études marocain Valyans Intelligence, filiale de Valyans Consulting, vient de dévoiler un nouvel indice «Regional Well-Being Index». Une sorte de boussole sur le bien-être régional au Maroc qui intervient dans un contexte de régionalisation avancée, avec les défis de positionnement de nouveaux pôles ainsi que les multiples enjeux socio-économiques et politiques que cela implique.

«C’est une compilation d’indicateurs qui servira d’outil de référence et d’aide à la réflexion aux décideurs, à la société civile, aux influenceurs, aux leaders d’opinion et au citoyen pour apporter un éclairage sur les différents territoires, ainsi que leur positionnement par rapport à des critères fondamentaux du bien-être des citoyens», résume Saadia Slaoui Bennani, PDG du groupe Valyans.

Un exercice qui anticipe aussi sur le potentiel d’attractivité de pôles régionaux en devenir. A l’instar des indices de l’OCDE, Globeco, de l’UE, ou encore de l’ONU, du PNUD... l’indice de bien-être de Valyans intervient également dans un contexte mondial marqué par de nouveaux challenges sociétaux, de fortes aspirations et des contestations tous azimuts. Il va sans dire que la mondialisation génère de la connaissance, mais en même temps, elle multiplie les frustrations et les crispations.

Le constat aujourd’hui est que «les multiples aspirations des individus ne se limitent pas uniquement à des considérations purement matérielles et des indicateurs quantitatifs que l’on peut analyser par le prisme retreint du PIB», tient à préciser Samar Rharbaoui, DG déléguée de Valyans Intelligence. Certes, le PIB renseigne sur l’économie d’un pays, mais il ne suffit plus car il donne un éclairage matériel qui occulte la dimension immatérielle, renchérit Rharbaoui.

Pour coller parfaitement aux notions de bien-être, de bonheur et de progrès social... le contexte actuel impose d’intégrer des critères plus affinés. Le bien-être est une combinaison de la satisfaction aussi bien de critères matériels (notamment le revenu, l’emploi, l’accès au logement et aux services de base...) que d’éléments immatériels: capital humain, santé, éducation, capital social, liberté d’expression, accès à l’information, sécurité... Le management de Valyans est convaincu que l’émergence d’un nouveau modèle de développement est tributaire de la notion de bien-être, qui est à la base et au coeur de tout développement.

In fine, les enseignements de ce type de travail deviennent des arguments d’attractivité et de mobilité de la population d’une région à l’autre. La particularité de cet indice réside également dans la prise en compte de spécificités intrinsèques à la société marocaine. Du coup, des adaptations  ont été opérées au niveau de la méthodologie de travail.

Côté analyse et croisement des résultats quantitatifs par région, les conclusions sont assez surprenantes. Le classement général fait ressortir la région de Laâyoune-Sakia El Hamra en tête, grâce notamment à «sa performance sur le volet conditions immatérielles». Hormis le chef-lieu des provinces du Sud, le trio de tête est composé de Casa-Settat, suivie de Rabat-Salé-Kénitra.

Sur ce palmarès, les notes varient entre 6,6 (pour Laâyoune) et 3,1 pour Béni Mellal-Khénifra (dernière de la classe). Plus encore, le classement des régions selon les conditions à la fois matérielles et immatérielles veut que Dakhla-Oued Eddahab arrive en peloton de tête (6,5), suivie de Casa-Settat (6) et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (5,9).

Sur l’unique prisme des conditions immatérielles, la région de Laâyoune rafle la mise (7,5), notamment par ses scores dans l’éducation/scolarité, la santé et l’accès à l’information. Vient juste après Casa-Settat (7), suivie de Guelmim-Oued Noun (5,9). Par ailleurs, sur le classement des conditions matérielles (qui est déterminé par des indicateurs tels que le revenu, l’emploi, le logement et l’accès aux services de base), là encore, ce sont les provinces du Sud qui sont les mieux loties. Pour preuve, Dakhla-Oued Eddahab arrive en tête du classement et Laâyoune-Sakia Al Hamra occupe la 3e place au podium.

Entre les deux, Casa-Settat occupe la 2e position. Selon Valyans, les provinces du Sud offrent des niveaux de revenus élevés, tout en affichant le niveau de pauvreté le plus faible du Maroc. En revanche, Tafilalet présente le taux de pauvreté le plus élevé (14,6%) ainsi que les niveaux de PIB et de dépenses les plus faibles.

Sur un tout autre registre, celui de l’emploi, Dakhla arrive en 1re position avec le taux de chômage le plus faible. Vient juste après Tanger-Tétouan-Al Hoceïma avec un des taux d’emploi les plus élevés (43,5%) et un taux de chômage des plus faibles. Casa-Settat est 3e au classement Emploi, mais avec un taux de chômage plus élevé (16,3%). Sur le logement, l’Oriental occupe le 1re place. La région se distingue par un faible niveau d’habitat sommaire (3%).

Elle est suivie par Souss-Massa et Guelmim-Oued Noun. Par rapport à l’accès aux services de base, Laâyoune est en tête du classement suivie de Casa-Settat et Guelmim. Par ailleurs, les conditions immatérielles (santé, éducation, inégalités, sécurité, accès à l’info et engagement civique) accordent un plébiscite à Laâyoune (1re région pour la santé) ainsi que la meilleure espérance de vie (77,2 ans). Casa-Settat arrive en 2e position, suivie de Rabat qui affiche le meilleur taux de couverture de la population par l’AMO.

Sur le volet éducation, là encore, c’est Laâyoune-Sakia El Hamra qui rafle la mise (faible niveau d’analphabétisme et un niveau de scolarité secondaire le plus élevé: 14% contre une moyenne nationale de 10%). Dakhla-Oued Dahab et Casa-Settat suivent. Par rapport à la sécurité, la région de Tafilalet est la plus sûre avec le taux de criminalité le plus faible. Après, il y a Souss-Massa et Guelmim Oued Noun. Sauf que là, Laâyoune et Dakhla arrivent en queue du classement. La région de Dakhla enregistre le taux le plus élevé de décès dans des accidents de la route. Quant à Laâyoune, elle affiche un taux élevé d’affaires au pénal.

Sur le registre de l’engagement civique, les provinces du Sud (Guelmim et Laâyoune) affichent le taux de participation le plus élevé aux élections (Législatives 2016 pour Laâyoune) et (Communales 2015 pour Guelmim) avec des taux respectifs de 64,2 et 60%. En revanche, Casa-Settat enregistre le taux de participation le plus faible (37%).

Carte de visite

Valyans est un cabinet conseil marocain qui réalise un chiffre d’affaires de plus de 100 millions de DH. Parmi ses domaines d’expertise, figurent le conseil stratégique, l’intelligence économique ou encore le corporate finance. L’expérience accumulée via plus de 200 projets confère à Valyans une vision holistique du fonctionnement d’un pays émergent. Pour sa part, Valyans Intelligence est une filiale qui se positionne en tant que «provider» d’informations stratégiques au service de la prise de décision.

 

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