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Deep Work: Réapprenez à vous concentrer

Par Karim Agoumi | Edition N°:5218 Le 27/02/2018 | Partager
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Se concentrer au travail est devenu difficile pour les salariés, de plus en plus distraits par l’apparition de nouveaux outils technologiques tels que les réseaux sociaux ou encore les sites d’information électronique. Pour les aider à reprendre le dessus sur ces distractions digitales, une méthode nouvelle intitulée «Deep Work» fait ses premiers pas en entreprise.

Une démarche originale qui conduit les employés à atteindre un état de concentration maximal pour optimiser leur rendement, aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif. Un outil qui requière néanmoins beaucoup de patience et de persévérance pour parvenir à des résultats concrets.

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■ Un état de concentration optimal
La méthode «Deep Work» permet d’accomplir un travail dans un état de concentration intense qui pousse les capacités cognitives du salarié au maximum. Cet outil novateur, récemment conçu par le professeur d’informatique américain Carl Newport, éloigne plus concrètement les employés des distractions extérieures dont notamment le smartphone, les e-mails, les réseaux sociaux ou encore l’intranet. Un moyen de se refocaliser sur l’essentiel et d’apprendre à gérer les  «voleurs de temps» digitaux qui font désormais leur quotidien. Une méthode qui nécessite néanmoins beaucoup de sérieux et de maîtrise de soi pour être appliquée avec succès.
L’avis du spécialiste: Le Deep Work se définit plus exactement comme l’ensemble des activités professionnelles réalisées dans un niveau de concentration exempt de distraction, lequel pousse les capacités cognitives des salariés jusqu’à leurs derniers retranchements.  Un état de tension mentale qui aboutit alors à un travail dit «profond» et qui améliore à terme les capacités des employés. Un outil avant tout destiné aux travailleurs talentueux et auto-suffisants.

■ Un moyen d’améliorer la qualité de son rendement
La pratique du «travail profond» améliore sensiblement les performances des salariés au bureau, aussi bien sur le plan de la qualité que de la quantité des tâches réalisées. Le salarié adepte du Deep Work optimise en effet considérablement ses compétences et sa rapidité d’exécution, devenant ainsi plus productif. Mais pas seulement! Il réduit également son niveau d’anxiété en éliminant progressivement les différentes sources de stress qui l’agressent quotidiennement.
L’avis du spécialiste: La concentration des salariés actuels n’est jamais optimale en raison des multiples interruptions causées par les «distractions digitales» du XXIe siècle. Le travail en profondeur permet d’y remédier et de produire un travail de meilleure qualité. Au final, le rendement de l’employé s’en trouve considérablement amélioré et sa compétitivité accrue.

■ Une routine anti-distraction à mettre en œuvre

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Nouvelle sous nos latitudes, la méthode Deep Work consiste à atteindre un niveau de concentration optimal en s’éloignant intelligemment des distractions extérieures dont notamment les réseaux sociaux. Un moyen d’améliorer à terme le rendement des employés, autant sur le plan qualitatif que quantitatif (Ph. Pexels)

Pratiquer le Deep Work en entreprise nécessite d’instaurer au bureau une véritable routine anti-distraction. Il est ainsi conseillé d’organiser un emploi du temps strict en établissant des plages horaires de 90 minutes pour chaque tâche de travail. L’employé peut également se faire violence et adopter une politique de tolérance zéro. Une démarche qui consiste à ne tolérer aucune interruption quelle qu’elle soit et à éliminer toutes les distractions en prenant notamment le soin de se désactiver temporairement des réseaux sociaux et de fermer sa boîte mail. Autre solution possible, mettre en application la règle des 20% qui consiste à raccourcir la date limite que l’on s’est fixée pour atteindre ses objectifs de 20%. En effet, l’ajout d’urgence permet de stimuler davantage le salarié, l’obligeant ainsi à mieux travailler tout en respectant des délais plus serrés.
L’avis du spécialiste: Le Deep Work nécessite avant tout de développer des routines et des rituels pour mieux résister aux interruptions du quotidien. Le salarié peut ainsi s’adonner à des pauses de concentration à défaut de pauses de distraction. Il doit également réapprendre à choisir ses outils avec plus de soin, privilégiant uniquement ceux ayant un impact positif sur leur rendement. Enfin, l’employé peut s’adonner à la méditation productive. Une technique de concentration consistant à entraîner son cerveau à ne réfléchir qu’à une seule chose à la fois.

■ Un outil qui requière beaucoup de discipline
Pratiquer une telle méthode s’avère délicat à mettre en pratique sur le long terme et demande énormément de discipline et de self-control. Il demeure en effet particulièrement difficile d’éviter tout contact avec le monde extérieur, avec lequel nous n’avons jamais autant été si connectés.
L’avis du spécialiste: Se concentrer avec un tel degré d’attention n’est pas chose aisée. Cela implique pour les salariés de reprogrammer leur cerveau à se concentrer et de parvenir à se détacher de leurs interactions trop nombreuses avec la toile.
n Une démarche encore au stade embryonnaire au Maroc
Les entreprises marocaines sont de plus en plus nombreuses à adopter le Deep Work. La démarche, bien que nouvelle sous nos latitudes, a déjà gagné plusieurs grands groupes d’industrie pétrolière comme Afriquia Gaz ou encore de textile dont entre autres Larinor.
L’avis du spécialiste: Cette démarche a de beaux jours devant elle. Bien que récente, elle devrait parvenir à convaincre tous les grands groupes des secteurs du Royaume de par son caractère utile et hautement stratégique.

 

 

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