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    Culture

    Jamal Eddine Dkhissi: Un discret qui a révolutionné les planches

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5038 Le 05/06/2017 | Partager
    Il a généralisé et simplifié la méthode de Stanislavski
    Directeur de l’Isadac, il était intransigeant dans le travail
    Appel pour qu’un théâtre ou un centre culturel porte son nom
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    Au cours de la période de l’Isadac, Jamal Eddine Dkhissi a marqué de son empreinte toute une jeune génération de comédiens comme notamment Rachid El Ouali, Latéfa Ahrar et Bouchra Ahrich (Ph. D.R.)

    Les rares personnes ayant côtoyé Jamal Eddine Dkhissi dès le lycée Abdelmoumen d’Oujda n’ont pas pu faire le déplacement à Rabat pour participer à l’hommage organisé par le PPS. L’éloignement et Ramadan ne sont pas étrangers à cette absence.

    Cependant, ils ont envoyé des mots écrits, retraçant des tranches de vie, lus par des membres du comité central du parti, en présence des membres de sa famille. Les témoignages de ses amis qui ne l’ont pas quitté jusqu’à sa disparition en mars dernier, ont brossé un portrait d’un personnage habité par une passion et un amour pour le théâtre et le cinéma.

    Le discours de Nabil Benabdallah, «empêché d’assister à cause d’une mission gouvernementale de dernière minute», a été lu par Said Sihida, membre du comité central du PPS et directeur au ministère de la Communication. Jamal Eddine Dkhissi était connu pour une discrétion qui frise une timidité paradoxale pour quelqu’un qui a fini par investir la scène après tant d’années d’enseignement de cet art.

    Cet ancien militant est venu de l’Oriental, une région généreuse en cadres ayant marqué le PPS, à l’époque le Parti communiste avant de se transformer en Parti de la libération et du socialisme (PLS), à la suite de son interdiction.  Formé à l’Ecole d’art dramatique de Moscou, Jamal Eddine Dkhissi décroche son premier job à Jerrada, particulièrement dans le théâtre ouvrier des Charbonnages du Maroc.

    Au cours de cette période, avec Yahya Boudlal et Mohamed Meskine, il a formé un trio qui a marqué le domaine du théâtre à Oujda dans les années 70 du siècle passé. Par la suite, il quitte la région, pour un retour à Rabat où il intégre le ministère de la Culture. Parallèlement, il militait au sein de l’association Maârifa pour le développement de la culture et de la lutte contre l’analphabétisme.

    Jamal Eddine Dkhissi n’était pas un militant encarté dans les rouages de l’appareil du parti. Il faisait avancer les choses dans le domaine où il excellait: l’enseignement de l’art d’interprétation à l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle de Rabat (Isadac). Au cours de cette période, il a marqué de son empreinte toute une jeune génération de comédiens comme notamment Rachid El Ouali, Latéfa Ahrar et Bouchra Ahrich. Il s’était donné avec abnégation et passion à la formation des comédiens.

    Un moment difficile, marqué par un affrontement à fleuret moucheté entre des artistes formés sur le tas, dominant la scène marocaine et cette jeune génération formée aux techniques modernes de l’Isadac. Très impliqué avec ces étudiants qui sont devenus des professionnels dans leurs arts respectifs, il n’a pas vu le temps filer. Il n’est pas exclu que c’est cette génération qui l’a invité à passer de l’autre côté des rideaux, en jouant des rôles dans des films de cinéma et de télévision.

    Car, c’est tardivement que les Marocains ont commencé à le remarquer. Il s’était exclusivement consacré à la formation de l’art d’interprétation et de l’expression artistique. Car, disait-il, le comédien doit être créatif et proche du réalisateur. Il a été intransigeant sur beaucoup de choses, particulièrement avec ses étudiants de l’Isadac qu’il a dirigé pendant plusieurs années.

    Il voulait sensibiliser ses élèves à une chose particulière: «les comédiens ne doivent pas défiler sur scène et parler à tour de rôle». En tout cas, les spécialistes s’accordent à dire que le défunt avait généralisé et simplifié la méthode de Constantin Stanislavski, qui se base sur la formation de l’acteur et de la construction du personnage.

    Dans la vie de tous les jours, les citoyens ordinaires dont il était proche, ont pu mesurer l’étendue de sa générosité. Idem pour ses étudiants qui ont été marqués par sa bonté, couplée d’une intransigeance dans le travail pour mieux faire qui sied parfaitement aux gens de l’Oriental.

    Malheureusement, en dépit de ses connaissances, son savoir-faire transmis aux étudiants, il n’a pas laissé de traces derrière lui, reconnaît un de ses anciens collègues. L’un d’entre eux a proposé de rassembler ses cours pour en faire un livre en matière de techniques de formation et d’interprétation des comédiens. Une idée que ses anciens camarades du PPS ne manqueront pas de mettre en œuvre. Sa fille a lancé un appel pour qu’un théâtre ou un centre culturel porte le nom de son père.

    Le Bolchoï à Rabat

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    Jamal Eddine Dkhissi a également occupé le poste de directeur du Théâtre Mohammed V de Rabat. Sous sa responsabilité, ce joyau de la culture de Rabat a repris des couleurs. Il avait réussi à organiser de grands évènements comme la prestation du Bolchoï. Mais au lieu de se limiter à l’accueil des spectacles, il avait poussé cette institution à la production.
    Selon Nabil Benabdallah, l’ancien directeur du Théâtre a été content de constater qu’un haut responsable avait acheté des billets pour lui et sa famille pour assister à un spectacle alors qu’il était en mesure de les obtenir gratuitement.  «Ce comportement est un facteur d’encouragement à la culture et un soutien aux artistes marocains», a souligné le ministre et le secrétaire général du PPS.

     

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