Société

Sidi Zouine: A la recherche d’un peu de baraka

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4937 Le 12/01/2017 | Partager
Sidi Mohamed Zouine continue ses bienfaits
Fondateur d’une zaouia aujourd’hui très réputée
Son mausolée attire toujours les foules

Faire revenir son mari, enfin tomber enceinte ou plus généralement attirer la baraka. Ce sont avec ces espoirs que certains visitent le mausolée de Sidi Mohamed Zouine. Il paraît qu’ici, le Saint a de grands pouvoirs. Dans cette région agricole, entre serres, plantations d’oliviers et étendues de pierres désertiques, à une quarantaine de kilomètres de Marrakech, on a parfois bien besoin d’un coup de pouce du destin.

Alors ce voyage a du sens. Sidi Zouine était un homme modeste. Soucieux de préserver les préceptes de l’Islam et de marcher sur les traces de son père, il fonde une zaouia sur sa terre natale. Et pour nourrir ses nombreux disciples, il commercialise une plante utilisée à l’époque pour laver la laine, le ghassoul. Même nom que la célèbre argile. Un homme pauvre mais ingénieux auprès de qui on venait étudier le Saint Coran. De ce petit espace construit en pisé, il en reste aujourd’hui les murs. Tout autour s’est étendue une école coranique moderne, qui continue de former de nombreux imams et enseignants installés à Marrakech et dans toute la région.

Venus de tout le pays, attirés par sa bonne réputation, les 250 étudiants de la zaouia Sidi Zouine, en majorité des internes, y suivent une filière semblable à celle de l’enseignement général avec une forte proportion de matières théologiques. Apprendre par coeur et parfaitement maîtriser les enseignements du Livre demandent près de 3 ans. Les zaouias marquent l’identité marocaine. Des institutions qui sont à la fois religieuses, culturelles, socioéconomiques, dotées d’une école, d’un internat, d’une belle bibliothèque comme à Sidi Zouine, enrichie de manuscrits anciens, et d’un sanctuaire. Alors passons sur l’actualité.

Oublions que Sidi Zouine est une ancienne base aérienne française, annexe des bases écoles du Maroc, où les avions se rendaient pour des exercices d’entraînement. Oublions également que c’est ici, grâce à la proximité de l’autoroute et à ces grands espaces, que le deuxième aéroport de Marrakech sera construit en vue d’absorber les 15 millions de passagers escomptés pour 2030. Auprès de Sidi Mohamed Zouine, enterré il y a 120 ans, reposent également son père et son fils. Les habitants et des visiteurs parfois venus de loin y trouvent une source de spiritualité et de sérénité. Et bien sûr, autant de baraka que possible.

Devant l’entrée de cette immense bâtisse, certains y attendent la zakate comme les fous du village. «Il ne vous dira rien lui, prévient un jeune accroché à son Android, il est hors zone». En effet, quelques ombres aux sourires figés passent le temps sur la place devant l’enceinte de la zaouia dans l’espoir de récolter quelques pièces au passage des visiteurs. Ici, peu de touristes. Nous sommes au coeur de la vie sociale et spirituelle des Marocains persuadés que la chance peut venir de cet homme à l’origine des premières pierres d’une prolifique zaouia, qui a su évoluer avec son temps.

 

 

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