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International

Retour de la guerre froide en Europe?

Par Walid ROUICHI | Edition N°:4903 Le 23/11/2016 | Partager
Les Russes déploient des missiles nucléaires entre la Pologne et la Lituanie
Une escalade de dissuasion et une conjoncture favorable à Moscou
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Les Russes ont placé leurs missiles nucléaires Iskander S-400 dans le petit territoire de Kaliningrad ce lundi (Ph. AFP)

Postez au choix quelques missiles nucléaires ou des bataillons près de votre voisin, ajoutez-y deux alliances stratégiques antagonistes, laissez-les rouler des mécaniques et enfin saupoudrez le tout de conflits périphériques. Non vous ne rêvez pas, vous n’êtes pas subitement revenus en 1985. Les vieilles recettes sont toujours là, l’OTAN et la Russie trouvent toujours mille et une façons de se dire qu’elles sont prêtes à riposter en cas d’attaque.
Lundi, la Russie a déployé un ensemble de missiles nucléaires dans l’enclave européenne de Kaliningrad. Ces missiles ont été disposés dans ce petit bout de territoire aux frontières avec la Lituanie et la Pologne. La Russie se défend d’avoir placé ses missiles, de la même façon que l’OTAN a installé des missiles un peu plus tôt, s’insurge Victor Orezov, responsable de la Défense russe. En face, Pavel Felgenhauer, un expert stratégique, atteste que le placement des missiles occidentaux était prévu mais que le contexte actuel l’a rendu sensible. Naturellement, chacun se renvoie la balle.
Le 20 novembre, l’opération «Iron Sword» a été mise en marche. 4.000 soldats ont été postés en Pologne et dans les trois États baltes fin octobre (voir L’Economiste du 28/10/2016). A cette occasion, Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN avait envoyé un message sans équivoque: «L’OTAN se tiendrait prête en cas de menace». A nouveau le rôle des missiles consiste plus à une réaffirmation d’un rapport de force qu’à une volonté effective d’engager les hostilités. Des deux côtés, on feint de n’avoir aucune responsabilité dans les provocations. Le risque avec une telle stratégie dissuasive serait qu’une maladresse ou que l’escalade mène au point de non-retour.
Les États frontaliers craignent que l’influence régionale russe s’accroisse. Quant à l’Union européenne et l’Alliance transatlantique, elles s’efforcent de répondre avec poigne  depuis le cas de la Crimée en 2014. Or, l’OTAN a le droit de s’inquiéter depuis l’élection de Donald Trump. En plus d’entretenir des relations ambiguës avec Vladimir Poutine, il promet un repli sur les affaires internes. Une limitation du financement américain serait dramatique pour l’OTAN, puisque 600 milliards des 900 milliards d’euros de budget dépendent des États-Unis. Le vent semble tourner en faveur des Russes en Europe. La Bulgarie et la Moldavie ont récemment élu un président pro-russe. Après Trump, peut-être qu’un certain François Fillon, loué par la presse russe pour ses bonnes relations avec Poutine, serait un sérieux candidat pour la présidence française. La Russie étend son influence en Ukraine de l’Ouest, elle profite de l’attentisme de la communauté internationale en Syrie pour garder pied au Moyen-Orient. Cela peut soit déboucher à un apaisement consenti avec la Russie: une levée des sanctions. Ou, à l’inverse, les tensions peuvent dégénérer.

 

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