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    Chronique

    François Hollande subit l’effet frondeur

    Par Mustapha TOSSA | Edition N°:4843 Le 25/08/2016 | Partager

    Spécialiste du monde arabe, Mustapha Tossa, journaliste franco-marocain, est diplômé de l’Institut supérieur de journalisme à Rabat promotion 1986 et du Centre de formation et de perfectionnement des journalistes de Paris. Il participe en 1988 au lancement du service arabe de Radio France internationale. En 1990, il présente l’émission Rencontres, destinée aux communautés d’origine étrangère sur France 3, avant d’effectuer des reportages et de réaliser des documentaires dans le cadre de la série «Racines» diffusée sur la même chaîne. Chroniqueur pour Atlantic Radio et L’Economiste, il intervient régulièrement sur les chaînes de télévision françaises et satellitaires arabes pour commenter l’actualité internationale (Ph. M. T.). 

    Avec cette rentrée politique, l’heure de vérité approche  pour François Hollande. Il avait fixé au mois de décembre la date de la grande clarification. Mais en attendant, il jette quelques indications susceptibles d’éclairer sur ses intentions. Le dernier livre «conversations privées avec le président», signé  Antonin André et Karim Rissouli, qui  alimente le buzz politique estival parisien fait partie de cette stratégie. François Hollande ne tranche pas la question de sa candidature. Le lecteur est confirmé dans cette idée que le locataire de L’Elysée se tâte, se gratte le front pour savoir s’il redemandera aux Français un second mandat ou s’il remet le tablier et se retire de la vie politique. Il maintient le flou artistique sur son agenda avec sans doute deux espérances secrètes: se ménager une sortie honorable  ou tenter de se créer ce désir des Français qui lui fait tant défaut aujourd’hui et qui maintient sa cote de popularité dans des profondeurs abyssales.
    En attendant, François Hollande assiste, impuissant à l’éclosion des candidatures à la primaire à gauche comme autant de défis lancés à sa propre gouvernance. Celle de Benoît Hamon est déjà actée. Celle du trublion Arnaud Montebourg  a été lancée, avec un discours programme fidèle à la grandiloquence du personnage. Quant à Martine Aubry, celle que les médias avaient un moment pressenti comme l’icône de la fronde contre François Hollande, elle jette l’éponge  et refuse de se lancer dans l’aventure présidentielle.
    Parmi tous les détracteurs de François Hollande qui se sont déclarés jusqu’à présent, Arnaud Montebourg est le plus incisif. L’avocat talentueux et le ministre amer a laissé exploser sa frustration et sa rancune tenace à

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    Nicolas Sarkozy à la sortie de l’Elysée en mai 2012, le jour de la prise de fonction de son successeur, François Hollande. En se présentant à la présidentielle 2017, il rêve d’une revanche. Mais pour  l’instant, les sondages indiquent que les Français ne veulent pas d’un match retour «Hollande-Sarkozy» (Ph. AFP)

    l’encontre de François Hollande. Lors de sa déclaration d’intention présidentielle, il avait pris un malin plaisir à appuyer là où ça fait mal en adressant une supplique au président de la République: «Je lui demande de bien réfléchir à sa décision, de bien considérer les faits, de prendre en compte l’intérêt supérieur du pays, de mesurer la faiblesse inédite et historique qui est la sienne au regard des Français, d’affronter sa conscience, sa responsabilité, et s’il le faut, de lutter contre lui-même». Dans cet angle d’attaque, Benoît Hamon, l’autre candidat frondeur à la primaire des socialistes l’avait devancé: «Ma conviction, je le regrette, c’est que le président de la République aujourd’hui, au regard de la déception qu’il a créée dans son propre camp, n’est plus dans cette situation, c’est trop tard, de créer cette relation de confiance avec les Français».
    Ces sorties renseignent sur deux points essentiels. La candidature de François Hollande, contrairement à celle de ses prédécesseurs, Mitterrand, Chirac ou Sarkozy, à la fin de leur premier mandat, n’est ni évidente ni naturelle. La primaire est en soi la preuve de la faillite et de l’échec. Le second point est qu’à travers ce défi lancé par ses concurrents à gauche, c’est l’effet boomerang de la fronde qui lui revient en plein visage. Un cumul de tous les faux pas et les erreurs  de casting dont il faut solder les comptes.
    Pour justifier son acceptation des primaires, François Hollande avait justifié sa décision par une sorte de courage fataliste. S’il n’est pas capable d’emporter l’adhésion des socialistes dans une primaire maison, comment peut-il prétendre bénéficier de la confiance des Français dans un scrutin national? avait-il lancé à une audience qui doute de sa capacité à rebondir.
    La primaire socialiste s’annonce comme une épreuve douloureuse et  sans concessions pour François Hollande. Ses adversaires auront à cœur de dévoiler l’inefficacité de sa gouvernance à travers le constat de nombreux reculs sur le plan social et politique et le virage économique très à droite incarné par Emmanuel Macron qui, comble de la provocation pour les frondeurs à gauche, vient d’avouer qu’il n’est pas socialiste. Lui, François Hollande, s’il décide de descendre dans l’arène des primaires, s’attachera à convaincre que malgré tous ses défauts et ses handicaps, il reste, devant des profils aussi clivants que ceux de Hamon et Montebourg,  la meilleure carte à gauche pour l’emporter contre le frénétique appétit de retour d’un Nicolas Sarkozy ou la démarche martiale et conquérante d’une Marine Le Pen.

    Ce n’est pas gagné pour Sarkozy

    Nicolas Sarkozy prend son destin en main. Il vient de se déclarer officiellement candidat aux primaires des Républicains. Un secret de polichinelle qui vient d’être confirmé. Son entrée fracassante avec un livre-programme et des idées très arrêtées sur la sécurité, l’économie, et l’identité. Les premiers sondages indiquent qu’une grande majorité de Français ne désire pas le retour de Sarkozy aux affaires. Mais lui et ses amis s’entêtent à croire à sa bonne étoile en misant sur deux facteurs essentiels. Le premier est le rejet viscéral que montre les Français à l’égard de la gouvernance de François Hollande. Le second est la grande angoisse et la profonde réticence que montrent jusqu’à présent les Français à oser l’aventure de Marine Le Pen et envisager qu’une icône de l’extrême droite puisse être présidente de la République. Mais avant de devoir envisager la piste de L’Elysée, Sarkozy doit terrasser ses adversaire intimes à droite qui lui vouent un rejet tout aussi fort que celui de la gauche. Des hommes comme François Fillon, Alain Juppé ou Bruno Lemaire ont bâti leurs démarches sur la nécessité de ne pas tomber dans les méandres de la Saison Sarkozy II avec les mêmes grosses ficelles sur l’identité et l’usage de la peur nationale comme seuls arguments et horizons politiques.

     

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