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    1 milliard d'investissements sur 5 ans : Afriquia se prépare pour la Bourse

    Par L'Economiste | Edition N°:253 Le 07/11/1996 | Partager


    Akwa Holding, plus connue sous le nom de Afriquia, mettra certaines de ses sociétés en Bourse. Ce sera fait avant juin 1998. C'est MSI qui est le conseil du groupe pour cette ouverture du capital.

    Le groupe Afriquia s'est installé dans un siège moderne il y a deux ans, mais ce n'est que la partie visible de sa transformation. Au préalable, il avait lancé ses stations-service new-look, préparé la libéralisation du secteur des hydrocarbures et s'était transformé en holding(1).
    Ce programme achevé, le groupe se propose maintenant de passer à un niveau supérieur, en terme d'investissements mais aussi et surtout en terme d'organisation. La clef de voûte en sera l'introduction en Bourse, via certaines de ses filiales.

    Demi-libéralisation


    Les métiers d'Afriquia concernent un seul domaine, les hydrocarbures, mais il y a diversifié aussi bien ses productions que ses gammes des produits distribués.
    D'ici l'an 2001, le groupe pense investir un peu plus d'un milliard de DH, dont l'essentiel (873 millions de DH) dans ses métiers actuels. Le reste, 244 millions, sera investi dans des domaines proches de ces métiers.
    «Mais, explique M. Aziz Akhannouch, président du groupe, une grande partie de ces projets reste dépendante des décisions adminis-tratives concernant la suite de la libéralisation» (voir encadrés). Il estime que les deux tiers du programme de son groupe pourraient être remis en cause si les marges de distribution ne sont pas réformées.
    Parmi les investissements «un peu au-delà des frontières actuelles du groupe» figurent des supérettes de 1.000m2, sous une enseigne à créer, «Chaîne super Brahim». Afriquia a fait une incursion dans ce type de commerce à travers les supérettes de ses stations-service et y a découvert des opportunités d'investissements: le commerce de proximité en self et avec des références (gammes de produits présentés) élargies. La première supérette devrait être ouverte en avril 1997, dans le quartier Océan à Rabat. C'est un investissement de 5 millions de DH (hors foncier) mais dont l'intérêt est de porter ce style de distribution vers de nouvelles couches sociales. «Nous pensons ouvrir 3 supérettes de ce type par an», précise M. Aziz Akhannouch.
    Un autre investissement à la limite du périmètre actuel du groupe portera sur 35 millions de DH, à Berrechid, avec «un partenaire européen». Mais le groupe reste très discret sur ce projet, dont la production sera pour moitié destinée à l'exportation. L'unité devra ouvrir à la mi-97.
    Toujours au cours de l'année qui vient mais dans les métiers qui sont actuellement les siens, le groupe compte lancer onze stations-service (22 millions de DH), terminer son usine de réparation de bouteilles de gaz à El Jadida (8 millions), créer un centre emplisseur avec Shell dans les environs de Casablanca (50 millions) et installer un dépôt de stockage, avec Ziz, à Mohammédia (35 millions). Ziz et Shell, bien que concurrents d'Afriquia, sont des partenaires historiques du groupe.

    La grande affaire


    Mais la grande affaire des prochaines années est l'introduction en bourse. Ce devra être chose faite avant juin 1998. MSI, la société de bourse créée par le Pr M'hamed Sagou, ancien ministre des Finances, est le conseil du groupe pour cette opération. L'arrivée en bourse devra passer par trois des filiales. M. Akhannouch ne dit pas lesquelles, mais il compte qu'un quart des investissements totaux des cinq prochaines années, soit 250 à 300 millions de DH, seront recherchés auprès du marché boursier. «Nous retrouvons notre problème de marge: 3% de rémunération sur les investissements; un groupe familial qui ne distribue pas de dividendes peut tenir quelque temps, mais pas une entreprise qui a l'obligation d'entrer en compétition avec les autres secteurs sur le marché financier». Là encore, apparemment, l'entrée en bourse sera conditionnée à la suite de la libéralisation.
    C'est à une préparation lourde que se plie Afriquia, spécialement en ce qui concerne son système d'infor-mation interne.
    L'investissement de mise à niveau d'information et de gestion n'est pas mince: 10 millions de DH, et avec des signatures des grands internationaux sur les sept «chantiers de la transparence», selon l'expression de M. Akhannouch. Ernst and Young a travaillé sur trois chantiers (état des lieux, réorganisation et audit du patrimoine). Il a été associé à Touche-Ross pour le schéma-directeur de l'informatique. Coopers &Lybrands réalise l'audit-certification des comptes et l'étude d'optimisation de Afriquia logistique. Enfin, le groupe s'est offert le nec plus ultra informatique du secteur pétrolier: JD Edwards, concepteur de progiciels dédiés à la gestion des hydrocar-bures.

    Nadia SALAH
    (1) Cf L'Economiste du 27 février 1992. Le groupe est né en 1959, à partir de trois stations d'essence et de l'association entre deux familles, la famille Akhannouch et la famille Wakrim. D'où le nom Akwa.

    Les marges, les consommateurs et les investisseurs


    En tant que distributeur pétrolier, Afriquia se trouve à la même enseigne que les autres distributeurs, marocains ou étrangers: marges bloquées depuis exactement dix ans pour les carburants, programme arrêté pour la mise à niveau des marges sur le gaz. Ce blocage est d'ailleurs à l'origine de difficultés relationnelles entre le gouvernement et les majors internationaux qui ont racheté leur part dans les réseaux privatisés. En effet, à l'occasion de ces privatisations, le gouvernement s'était engagé à réviser les marges, mais le dossier a été reporté de mois en mois.
    En ce qui concerne le gaz, un accord était intervenu l'année dernière pour le déblocage par tranches des marges.
    La première tranche a bien été faite en janvier 1996, pour 8%, mais les autres ont été renvoyées. Comme ses confrères et concurrents, M. Akhanouch s'inquiète: «Nous risquons de nous retrouver dans la situation d'autrefois, où les bouteilles de gaz disparaissaient du marché et où les stations se dégradaient».

    N. S.

    4 milliards de CA


    M. Akhannouch ne veut pas parler des résultats de son groupe: «Nous ne sommes pas encore soumis aux obligations boursières et, sincèrement, les marges sont tellement écrasées qu'elles écrasent nos résultats». En revanche, il n'est pas mécontent des résultats du premier plan qu'il a mis en place et qui vient de se terminer.
    Le cash-flow est passé de 90 millions de DH en 1994 à 134 millions en 1995, pour un CA qui n'a progressé que de 7%, se fixant à un peu plus de 4 milliards de DH l'année dernière.
    «Tant que nous restons un groupe familial, c'est l'investissement et la croissance qui passent avant tout. Avec la Bourse, cela devra changer: il faudra rémunérer les placements des actionnaires».

    N. S.

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