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L'Edito

Vocations

Par L'Economiste| Edition N°:1740 Le 05/04/2004 | Partager

Une réunion de savants, voilà comment on imagine un congrès du SNE/sup, syndicat des enseignants “chercheurs”, comme ils se définissent fièrement. Il n'y est pas question de science mais de politique, d'influence partisane, et d'alliances de partis. Bien sûr, on doit discuter dans un tel congrès de salaires, d'indemnités… ce sont les sujets naturels dans un syndicat, et la science et sa transmission ne s'épanouissent pas dans la pauvreté; elles n'avancent dans les pays développés qu'avec des budgets conséquents. Mais le savoir est toujours une vocation. Les professeurs et les vrais chercheurs d'Europe ou d'Amérique aiment d'abord ce qu'ils font; ils ne deviennent des élites bien payées que lorsqu'ils ont réussi. Sinon, toute leur carrière est remise en cause. C'est l'inverse du fonctionnariat, tel qu'il marque l'enseignement et la “recherche” chez nous, où l'on entre par défaut, où l'on peut végéter caché derrière les échelons et les échelles.Voilà pourquoi notre société, ses opérateurs, montrent de moins en moins de compréhension et de solidarité avec l'université. De plus, les enseignants et leurs syndicats ne posent jamais le problème comme il se pose dans la société: quelle matière et quelle pédagogie pour ouvrir aux futurs diplômés le travail. Ils donnent l'impression de s'enfermer dans leur tour d'ivoire catégorielle.La politisation aggrave les choses. Pendant deux décennies, celles des années de plomb, la société la soutenait, car l'université était un fief de la démocratie, et un berceau des élites. Mais aujourd'hui, on politise un syndicat d'enseignants pourquoi? Des enseignants du supérieur, il y en a déjà plein le Parlement et à la tête des ministères: à l'Enseignement supérieur bien sûr, au secondaire, aux Finances… à moins que toutes ces rumeurs de remaniement ne suscitent parmi eux des vocations, politiques bien sûr, pas scientifiques. Khalid BELYAZID

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