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L'Edito

Vérité

Par L'Economiste| Edition N°:4762 Le 29/04/2016 | Partager
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Le gouvernement semble se faire coller sur deux gros sujets du dialogue social: la réforme des retraites des fonctionnaires et la forme des concessions financières. D’abord sur les retraites, il faut clarifier rapidement cet étrange tour de passe-passe qui se profile pour le montage financier. Celui-ci consiste à déshabiller Pierre en relevant le taux des cotisations puis rhabiller le même Pierre en augmentant les salaires. A l’issue de cet exercice de contorsion comptable, qui ne peut pas être un jeu à somme nulle, il ne resterait plus qu’une victime collatérale, pour financer le plus gros morceau de la crise des retraites au Maroc… le contribuable. C’est le scénario que redoutent le plus les syndicats.
Ensuite, sur les concessions financières, le gouvernement se prend à son propre piège en ayant accepté au cours de son mandat d’ouvrir la boîte de Pandore des aides directes. C’était presque prévisible. Il est vrai que l’exercice qui consiste à fonder l’échange social sans une contrepartie, le travail par exemple, peut être rémunérateur du point de vue électoral mais s’avère une opération risquée lorsqu’on ne dispose pas de marge financière. Les mesures d’aides qu’il s’agisse d’efforts de défiscalisation ou de dispositifs budgétaires sous forme de subvention ne peuvent pas profiter pour certaines catégories à l’exclusion d’autres.
En fonction de quelle logique, les femmes divorcées seraient moins éligibles que les veuves, et pourquoi les parents d’élèves, que défendent aujourd’hui les syndicats dans le cadre du dialogue social, ne pourraient pas prétendre à des exonérations au titre des frais de scolarité? La panoplie sociale du gouvernement n’est probablement pas exempte d’arrière-pensées politiques. Mais elle est rattrapée par la vérité des comptes.

 

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