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L'Edito

Tuer la régionalisation?

Par Nadia SALAH| Edition N°:5360 Le 28/09/2018 | Partager
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La Banque mondiale, le Forum de Davos… évaluent la qualité des services publics liés à l’investissement. Le Maroc est assez  bien classé. Mais les concurrents se démènent avec un service rapide, bien fait et transparent.

Néanmoins, il y a une entourloupette là-dedans. Parfois l’enquête saucissonne le service public en petites tranches, qui fonctionnent bien à leur toute petite échelle, alors que le global est désastreux.

C’est le cas des investissements immobiliers. Il arrive que le désastre soit grand, la corruption si évidemment lourde et répandue, l’incompétence si profonde, que ces services-là sont comme enveloppés d’un voile de pudeur: «c’est trop grave», «on n’en parle pas», «c’est l’image du pays qui est en jeu». Tout le monde l’a pensé et chacun l’a dit, un jour ou l’autre.

Tant pis, parlons de ce qui a l’air d’être le pire du pire. La Fédération nationale des promoteurs immobiliers a calculé qu’il faut 143 signatures différentes pour un programme de logements. Et cela prend en moyenne 436 jours, soit plus de 14 mois (bien lire: plus de quatorze mois!!).  Lorsque de grands investisseurs, organisés et puissants, se plaignent de ce genre d’avanies, qu’arrive-t-il aux plus petits?

Comment accumule-t-on autant de contrôles pour, à la fin, avoir ce qu’on a sur le terrain? Des conflits d’autorités, des marchandages électoraux,  des partages de marchés,  de la corruption... Il n’y a que ceux qui trempent dedans qui sont assez arrogants pour croire que les citoyens ne comprennent rien à ces jeux.

Ce genre d’outrages au bon sens n’est pas perdu pour tout le monde, ni du côté de ceux qui signent, ni du côté de ceux qui font signer. Ce n’est qu’une enfilade d’abus de pouvoirs locaux, abus lucratifs bien sûr.

Et il y a un autre gros, gros problème derrière celui-là: comment  parler de régionalisation, comment croire en la régionalisation quand les systèmes locaux abritent ce genre de prédations?

 

 

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