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L'Edito

Trop d’argent

Par Nadia SALAH| Edition N°:5628 Le 04/11/2019 | Partager
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Il faut lire le Rapport économique accompagnant le projet de loi de finances. On y trouve de quoi nourrir toute réflexion économique et sociale.

On évite ainsi d’être en situation de faiblesse face aux manipulateurs.

Il en va ainsi de la politique de logement, laquelle a bien réussi.

Mais attention! Rien que sur ces quinze dernières années, on a mis presque 100 milliards de DH dans l’affaire, plus 12.000 hectares de terrains publics. Sans compter les quelque 260 milliards de DH de crédits, soit un quart des engagements bancaires, et une masse inconnue d’optimisation fiscale ou de blanchiments de diverses natures. Ce qui est beaucoup, beaucoup d’argent. Trop? Peut-être!

Le Rapport économique insiste pour que la politique soit révisée.

Ce n’est pas trop tôt. On a eu de chaudes alarmes, quand il a fallu redresser un des leaders du secteur, coté en Bourse. Pour d’autres, le redressement s’est fait sous la contrainte des banques, elles-mêmes contraintes par la Banque centrale. On notera que le système financier est resté droit dans ses bottes face aux pressions pour continuer la même politique, sur le même chemin. Mais cela ne sécurise qu’un canal de financement, celui des banques.

Après l'alerte Alliances, il aurait fallu tout de suite remettre la stratégie sur le métier. A commencer par faire les comptes, les vrais comptes, pas les comptes politiques. Cela aurait été, dès ce moment-là, un travail d’utilité publique pour la Cour des comptes.

Ensuite, il n’y a pas lieu de continuer les faveurs fiscales ou autres, quand les promoteurs se plaignent eux-mêmes de mévente. Ou bien lorsque l’on voit des groupes industriels ou financiers venir massivement à la promotion immobilière: c’est le signe d’un grand déséquilibre dans l’allocation des ressources nationales.

Pour l’instant, la crise est contenue à son secteur d’origine. Néanmoins, il faut se dépêcher.

 

 

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