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    Par L'Economiste| Edition N°:4003 Le 04/04/2013 | Partager

    A l’heure où la France confirme ses ambitions, et son appétit,  ferroviaires sur le Maroc,  certains n’hésiteront pas à railler encore une fois l’inutilité des développements vers  la «grande vitesse».   Le «pack» Hollande risque en tout cas de raviver la vieille polémique sur le TGV. 
    Les jeux sont certes faits, mais contrairement aux projets de codéveloppement déployés sur le transport local, tramway et bientôt métro, la grande vitesse continue de traîner un déficit de perception. La charge y est forte.  Ici, les anti continuent de considérer que les engagements financiers sont moralement choquants sur un projet exotique que la France veut fourguer à son partenaire du Sud. Là, ils soupçonnent le gouvernement de délaisser les sujets stratégiques qui concernent l’avenir immédiat de l’ONCF. Et fait nouveau, les syndicats français s’en mêlent, à travers un nouveau feuilleton de la crise des délocalisations, celle de l’Institut de formation ferroviaire.
    Il faut savoir raison garder. Le fait qu’une grosse part des commandes aille à des entreprises françaises ne devrait pas surprendre.
    Du moins au  début. L’aéronautique marocaine est passée par là. Jusqu’à ce que le renforcement du taux d’intégration, la montée en puissance d’une expertise locale, change la donne et fasse  de ce secteur l’un des rares à échapper à la crise, à performer à l’export en 2012. Ensuite, qui peut contester qu’il y a, comme pour les autoroutes, des impératifs d’aménagement du territoire?
    L’on a beau pester contre les retards, la clim sur les trains de l’ONCF,  le ferroviaire marocain est l’un des rares de cette échelle sur le continent  avec celui de l’Afrique du Sud. Cette filière, dont il s’agit de redessiner les contours actuellement,  a besoin de s’inscrire dans un sursaut technologique et financier à la fois. Tant mieux si ces enjeux  ne sont pas ignorés par la puissance publique.

    Mohamed Benabid

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