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L'Edito

Soutenabilité

Par L'Economiste| Edition N°:3364 Le 17/09/2010 | Partager

On se méfie des agences de notation. A juste titre. Néanmoins, il n’y a pas moyen de faire sans elles. Et puisque c’est ainsi, il vaut mieux avoir une bonne note qu’une mauvaise. Le Maroc a une bonne note («Investment grade») qui lui permet de lancer un emprunt et d’espérer obtenir des conditions financières favorables. Evidemment il n’y a rien d’automatique: ce sont les prêteurs et les emprunteurs qui négocient les conditions: rien n’est écrit à l’avance, surtout pas dans cette période troublée.Rabat va donc tâter le terrain. Il a la capacité de refuser si les conditions lui paraissent trop dures. Il l’a encore, puisqu’il est peu endetté et qu’il a affiché de bonnes performances. Ce ne sera pourtant pas une partie de plaisir pour les négociateurs car «le ver est dans le fruit». En termes plus économique, la structure des dépenses budgétaires est inquiétante. Le poids massif des subventions énergétiques sert à acheter la paix sociale avec les couches moyennes. Mais la limite de cette méthode a été atteinte, en juillet dernier, quand le montant annuel des subventions a été épuisé en moins de sept mois. Depuis, le système est hors contrôle: il ne peut qu’enregistrer les appels de fonds et y pourvoir en stoppant les autres engagements.Et c’est cela qui est inquiétant: comment les négociateurs pourront-ils être convaincants lorsqu’ils affirmeront aux prêteurs que leur argent est en sécurité s’il est placé auprès du Trésor? Et s’ils y arrivent, après les avoir applaudis, les citoyens marocains devront se demander si cet emprunt n’est pas une façon de reporter encore des réformes. Ce ne sont pas des questions banales et ce ne sont pas uniquement des questions de taux, de conditions et autres techniques financières. Ce sont des questions de fond sur la soutenabilité de la politique économique du pays et, à terme, ce sont aussi des questions de souveraineté nationale.Nadia SALAH

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