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L'Edito

Respect

Par L'Economiste| Edition N°:4584 Le 07/08/2015 | Partager

Rien ne donne envie de faire de vieux os au Maroc, vu l’attention que l’Etat porte à ses aînés. Une population vulnérable, sans ressources pour la plupart et, pire, sans aucune couverture médicale. Un constat réalisé par le CESE, dans un rapport qui donne froid dans le dos. Une catégorie de laissés-pour-compte qu’on n’arrive même pas à définir. Une personne âgée au Maroc est une personne qui a dépassé l’âge légal de la retraite, si elle a réussi à faire son chemin dans un cadre formel! Et si tel était le cas, les pensions sont tellement dérisoires que ces petits vieux vivent bien en deçà du seuil de pauvreté. Ce qui les oblige à continuer à travailler jusqu’au bout. On ne peut pas ne pas les voir: il y a de vieux gardiens de voitures ou de maison, de vieilles femmes de ménage, de vieux concierges, de vieux chauffeurs et vieux mendiants...ils tentent tant bien que mal de se recaser pour subsister. Cela, c’est dans le meilleur des cas. Sinon, ils sont à la charge d’une famille lorsqu’ils en ont une, dans des conditions extrêmes, ou tout bonnement à la rue. De soi-disant maisons de vieillesse fleurissent çà et là, plus pour se donner bonne conscience que pour servir la cause. Des fourre-tout où on retrouve handicapés, malades mentaux et enfants... une cour des miracles déguisée.
Le plus grave n’est pas de tarder à prendre conscience, mais d’avoir pris conscience et de n’avoir rien fait. Le CESE rapporte qu’une stratégie nationale a été mise sur pied en 2009, par le ministère de la Famille et du Développement, et qu’elle n’a jamais connu l’ombre d’une application! Pourquoi? Les actions sporadiques menées tant bien que mal par l’Etat ou la société civile ne serviront à rien pour cette population qui compte 3 millions de personnes aujourd’hui et le quart du Maroc en 2050.
Est-ce cette vie que nous voulons pour nos vieux? Sans dignité? On reconnaît une nation civilisée au soin qu’elle apporte à ses composantes les plus fragiles. Il est temps que le Maroc en fasse un point d’honneur. Ça s’appelle le respect.
Radia LAHLOU
 

Radia LAHLOU

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