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L'Edito

Rentes

Par L'Economiste| Edition N°:3993 Le 21/03/2013 | Partager

La petite entreprise «Allo Médicaments» est arrêtée. Elle est même poursuivie  en justice à l’instigation du  ministère de la Santé publique, qui agit là pour les intérêts des pharmacies d’officine.
La petite entreprise a-t-elle vendu des médicaments? Non, elle se contente de les transporter pour rendre service aux gens qui ne peuvent pas se déplacer jusqu’à une pharmacie.
A-t-elle produit de fausses ordonnances, comme ces médecins pris sur le fait, par L’Economiste, en train de  fournir de faux certificats médicaux? Non.
A-t-elle délivré des médicaments sans ordonnance comme le fait la majorité des pharmacies du Maroc? Non, elle transporte des médicaments accompagnés d’une ordonnance.
Dans cet univers d’illégalités, le ministère s’est attaqué au maillon le plus petit, le plus nouveau et donc le plus faible. Alors que le secteur héberge ouvertement des illégalités, nulle autorité, professionnelle ou publique, ne s’en inquiète. Trop de pharmaciens s’exonèrent eux-mêmes d’appliquer la loi, cette même loi dont ils se servent pour décourager innovation et concurrence.
C’est du corporatisme pur et dur, tel que le Moyen Age européen l’avait inventé. Un corporatisme qui plie la Justice à la défense de ses intérêts les plus étroits. Pour ces contrevenants, ni critique, ni plainte et encore moins de poursuite judiciaire, de la part de leurs instances ordinales, ni de leurs pairs, ni même du ministère de tutelle.
Le ministère de la Santé n’a rien à gagner dans cette affaire: il n’y défend pas la loi, puisque, sans qu’il s’en inquiète, cette même loi ouvertement violée par des pharmaciens bien plus puissants que la petite entreprise de courses.
En revanche, le ministère a perdu une belle occasion de moderniser le secteur. Il en a grand besoin, car les rentes et privilèges, hérités de la colonisation, sont en train de le ruiner. Et ce en desservant l’intérêt général.

Nadia SALAH

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