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L'Edito

Productivité

Par L'Economiste| Edition N°:3385 Le 18/10/2010 | Partager

La masse salariale n’arrête pas de grossir. Pour 2011, elle dépassera les 86 milliards de DH, soit une progression de plus de 6%. Son poids écrase le budget et le gouvernement continue de recruter. Comme chaque année, il prévoit des milliers de postes budgétaires. Pourtant, tous les rapports des institutions internationales ont recommandé la nécessité de contrôler cette masse salariale. Devant ce rouleau compresseur, le gouvernement semble impuissant. Il fait du surplace tellement le problème lui paraît insoluble. Ce n’est pas la volonté qui manque. C’est la mise en œuvre qui fait défaut. Ni ce gouvernement, ni ceux d’avant, ne sont arrivés à faire descendre la masse salariale en dessous du seuil de 10% du PIB. Même après la principale mesure destinée à alléger le poids de ce mastodonte, le fameux programme de départ volontaire à la retraite, plus connu sous le nom générique de «DVD». En fait, ce dispositif n’a servi à rien si ce n’est vider les ministères de leurs principales compétences, et coûter très cher au budget de l’Etat. Jusqu’à aujourd’hui, personne n’a la moindre visibilité sur le devenir de cette masse salariale. Dégraisser le mammouth? Facile à dire. Le problème est ailleurs, dans la gouvernance de l’Administration. Il est temps d’inverser l’équation pour lier la masse salariale à la productivité des fonctionnaires. Le Maroc a besoin de créer plus de richesses pour que le PIB augmente. Et le fonctionnaire a une place capitale, car le secteur public reste une locomotive pour l’économie. Un retard dans une procédure par exemple pénalise toutes les entreprises qui opèrent dans le secteur concerné. Pour cela, il est vital de greffer à l’administration un autre système de rémunération, basé sur le mérite et le rendement. C’est le prix à payer pour remobiliser toutes les compétences de la fonction publique. Mohamed CHAOUI

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