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    L'Edito

    Paranoïa

    Par Mohamed BENABID| Edition N°:4964 Le 20/02/2017 | Partager
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    Le décès de M’hamed Boucetta, l’une des dernières légendes de l’Istiqlal, intervient au moment où le parti qu’il a contribué à créer est au bord de l’implosion. L’Istiqlal a pris une tannée aux dernières élections et aujourd’hui il y a une grosse crise nommée Chabat.

    L’ex-maire est sous les feux des projecteurs, mais pas pour des raisons que lui envierait en temps normal toute personnalité politique. A l’issue du printemps arabe, Chabat aura été l’alternative parfaite à Benkirane en surfant comme lui sur le follement populiste et populaire. Un ancien réparateur cycliste, comme il s’en revendiquait lui-même avec fierté, syndicaliste, malin, qui a fait ses premières armes politiques pendant les années de plomb... le profil idéal pour donner du tonus et élargir une base dépitée par l’intelligentsia conservatrice du parti. L’explication à son ascension est à chercher tant dans son propre mérite que dans la mollesse des candidats concurrents.

    Cinq ans plus tard, le virage anti-intellectuel de l’Istiqlal aura été dévastateur. L’ex-maire de Fès, décrié de toutes parts, semble être devenu une fâcheuse publicité pour le parti, nourrissant controverse sur controverse et facilitant la tâche à ses détracteurs. D’abord il n’a pas su capitaliser sur son mandat local pour renouveler la réflexion et travailler mieux la proximité, alors même que les plaques tectoniques de la société marocaine se déplaçaient contre les apparatchiks de tous les partis.
    Après les législatives, sa tentative d’établir des ponts avec le PJD, qu’il avait pourtant diabolisé pendant longtemps, a fait le reste, le plaçant définitivement du mauvais côté d’une bataille à l’issue incertaine.

    L’erreur serait de sombrer dans le confort d’une paranoïa qui consisterait à attribuer ses malheurs à une cabale secrète, qui écarterait les versions officielles des événements. La paranoïa est souvent associée à une absence de remise en cause et à du… narcissisme. C’est fatal en politique.

     

     

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