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    L'Edito

    Ould ness

    Par Nadia SALAH| Edition N°:4981 Le 15/03/2017 | Partager

    Identifiant Scald invalide.

    Cette colonne va nous valoir une nouvelle lettre furieuse  du 2e Secrétaire de l’ambassade turque à Rabat: il ne supporte pas le doute quant à la supériorité du génie du  président Erdogan, quelles qu’en soient les circonstances.

    Tant pis, car n’en déplaise à ce 2e Secrétaire, il faut bien que le Maroc suive les évènements qui s’enchaînent entre  Ankara et deux grands pays de l’Union européenne, l’Allemagne et les Pays-Bas. Et ce d’autant plus qu’avec ce dernier, c’étaient plutôt les Marocains que les Turcs qui avaient des soucis. En vérité, le président turc a fait ce qu’il fallait pour créer des incidents. Il s’en est immédiatement servi pour mobiliser ses concitoyens afin qu’ils lui accordent les pleins pouvoirs, et ce après s’être disputé avec son premier allié Gülen, un autre islamiste. Gülen est à l’abri aux Etats-Unis mais pas les 48.000 Turcs qui ont été emprisonnés depuis - soit, chaque jour, une moyenne de 427 procès! - Des prisonniers d’opinion auxquels s’ajoutent 125.000 personnes chassées de leur travail, du jour au lendemain, sans explication.

    Bien sûr, ce n’est pas le Cambodge de Pol Pot, mais c’est quand même la plus vaste répression contemporaine. Cela permet de faire de la place aux clients et fidèles, dans une économie fatiguée par le népotisme.
    Cette répression massive ne dérange pas l’Union européenne, pourtant prompte à trouver au Maroc des motifs de critiquer les droits de l’Homme. Pas la peine de faire un dessin: Erdogan tient le robinet des migrants.  
    Avec ces nouvelles références diplomatiques sans foi ni loi, Rabat doit-il, lui aussi, appliquer une stratégie de la malveillance et du chantage? Ou bien,  selon les usages ancestraux, faut-il rester «ould ness», puisque la violence politique se retourne souvent contre celui qui l’utilise?
    Ce sont de vraies questions.

     

     

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