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    Rabat: Trois tentatives avortées d’immolation

    Par L'Economiste | Edition N°:3703 Le 20/01/2012 | Partager
    Deux personnes, dans un état grave, transférées à l’hôpital Ibn Rochd de Casablanca
    Une centaine de chômeurs squattent depuis 15 jours un bâtiment de l’Etat

    Mahmoud Hawass, un des diplômés chômeurs, n’a pas hésité à se brûler, pour exprimer son désarroi. C’est lui qui est actuellement dans un état grave à l’hôpital Ibn Rochd à Casablanca, avec 50% de surface corporelle brûlée

    Rebondissement tragique dans le dossier épineux des diplômés chômeurs à Rabat. Trois d’entre eux se sont immolés, le 18 janvier vers 16h30, près de l’annexe du ministère de l’Education nationale située sur l’avenue Ibn Toumarte. «Deux cas se trouvent dans un état grave, le premier avec 50% (Mahmoud Hawass) de surface corporelle brûlée, et le second (Abdelouahad Zaïdoune à 20%», précise un médecin au niveau de l’hôpital Ibn Sina. Avant d’ajouter, «nous les avons gardés 24h en réanimation pour nous assurer que leur état de santé ne présentait pas de danger sur le plan respiratoire». Mais les deux jeunes brûlés ont été transférés, jeudi 19 janvier, au service des grands brûlés à l’hôpital Ibn Rochd à Casablanca. Le 3e est brûlé aux pieds et se trouve à l’hôpital Avicennes à Rabat.
    Si rien ne filtre du côté des autorités, le chef improvisé de la bande de chômeurs squatteurs est plutôt prolixe. Pour lui, «ces jeunes sont arrivés au stade de mettre leur vie en péril, pour faire entendre leur voix ». Mais, il ne nie pas que le bâtiment (annexe du ministère de l’Education) duquel ces jeunes ont essayé de se jeter ou se brûler vifs, est aussi squatté par eux. D’ailleurs, sans vergogne, il explique que «ces immolations étaient aussi une manière de protester contre le comportement des forces de l’ordre qui encerclent l’annexe du ministère de l’Education que nous occupons depuis 15 jours», raconte le dirigeant de ce groupe composé de 180 diplômés chômeurs. Et le comble, c’est que le chef de la bande déplore les «conditions» dans lesquelles ils vivent dans ce bâtiment de l’Etat qu’ils squattent. «Nous vivons dans des conditions difficiles: le bâtiment n’est pas alimenté en eau potable en plus de l’interdiction de faire rentrer des produits alimentaires et des médicaments», explique-t-il. «Le jour de l’incident, les jeunes qui se sont immolés ont d’abord été maltraités par les forces de l’ordre lorsque ils sont sortis de l’annexe pour récupérer des aliments apportés par d’autres diplômés chômeurs se trouvant à l’extérieur», explique notre source. Rappelons que ces jeunes font parti d’un groupe de près de 180 diplômés exclus du PV du 20 juillet par lequel le gouvernement s’était engagé à recruter les diplômés chômeurs titulaires de Masters et de doctorats. Du fait qu’ils ont obtenu leur diplôme début 2011, alors que le PV concerne les personnes ayant leur diplôme en 2010 ou avant, ils n’étaient pas concernés par l’opération de recrutement. «Mais cette condition qui nous est imposée n’a pas été respectée d’une manière générale dans les dernières opérations d’embauche», conteste notre source. Pour étayer ses propos, il évoque comme exemple l’opération de recrutement dernièrement de 160 jeunes, qui se trouvaient alors dans la même situation que celle du groupe qu’il défend.

    Noureddine EL AISSI

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