Entreprises

Ville nouvelle de Zenata
Ultime chance pour le foncier du Grand Casablanca

Par L'Economiste | Edition N°:3667 Le 30/11/2011 | Partager
Une réserve de 1.830 hectares pour 300.000 habitants
Montant de l’investissement: 20 à 25 milliards de DH
SAZ: Une filiale de la CDG dédiée à l’aménagement et contrôle du site

Cartographie: SAZ

La zone de développement est délimitée au nord par le front de mer et au sud par l’autoroute Casa-Rabat. Le site s’étend sur 1.830 ha. Un territoire tampon entre Casablanca et Mohammedia

«IL va falloir sortir de terre par l’activité Retail et un parc d’expositions et non pas par le logement», précise d’emblée Amine El Hajhouj, DG de la Société d’aménagement de Zenata, filiale du groupe CDG, en charge de la conception et l’aménagement global de la ville nouvelle de Zenata.
La vocation de ce nouvel espace urbain intégré s’inscrit donc dans une approche inédite tant sur le plan de la conception que celui de la gouvernance et du suivi. Elle vient rompre avec tous les schémas classiques de villes nouvelles qui ont montré leurs limites par l’enclavement ou par le déficit d’équipements annexes et d’infrastructures de base. A juste titre d’ailleurs, car Zenata est la dernière chance qui s’offre face à la problématique du foncier: «C’est l’ultime alternative et la dernière réserve foncière du Grand Casablanca pour régler le déficit de centralité et résoudre les équilibres est/ouest», tient à préciser le DG de SAZ. Et d’ajouter, «saisir l’opportunité de créer une nouvelle centralité urbaine devra se traduire par des réponses concrètes aux enjeux de l’émergence d’une classe moyenne à travers un souci de mixité sociale et spatiale». L’enjeu majeur de cette centralité est de capter une classe moyenne «plus». La notion de centralité s’articule autour d’une gare multimodale
Par classe moyenne «plus», l’aménageur entend les ménages qui gagnent entre 12.000 et 20.000 DH par mois. Une cible qui ne correspond pas du tout à la classe moyenne telle que définie par le HCP (entre 3.500 et 7.000 DH). L’originalité réside aussi dans les ratios emplois/habitants. Pour preuve, Zenata s’oriente vers un ratio de 1 emploi pour 3 habitants. Autrement dit, ce sont des activités à forte valeur ajoutée qui induisent le résidentiel et pas l’inverse. A cet effet, la SAZ a réalisé des études de marché qui ont brassé des métiers autour de 11 actifs. Au total, 20.000 ha seront ouverts à l’urbanisation pour accueillir 300.000 habitants. Le positionnement de la nouvelle ville plaide en faveur de la création de 100.000 emplois, articulés autour de 5 services à forte valeur ajoutée et créateurs de flux. Un ensemble commercial (Retail), un parc d’expositions, une cité de la santé, un pôle éducation avec une université orientée développement durable et écologie ainsi qu’un pôle logistique.
Autre particularité, le tiers de la ville nouvelle sera dédié aux espaces verts. Ce qui en fait sur le plan environnemental un territoire bioclimatique, ventilé par 450 ha d’espaces verts où l’eau aura une place centrale.
Il faut dire qu’historiquement, l’est de Casablanca (zone de Zenata en l’occurrence) pâtit d’une image très négative. Des a priori non fondés que plusieurs experts et testeurs ont démentis, preuves scientifiques à l’appui (pollution, nuisances de tous genres, rejets industriels, risques d’inondations, séisme…). «Il n’en est rien», selon les conclusions d’études récentes effectuées pour le compte de la SAZ. «La confrontation des valeurs mesurées avec les valeurs guides, selon les normes marocaines et de l’OMS, démontre que l’air au niveau du territoire de Zenata n’est strictement pas pollué», conclut une étude récente. Lors de cette campagne de mesure, «les valeurs des concentrations des agents polluants se sont avérées largement inférieures aux valeurs limites selon les normes de l’OMS».
En revanche, la zone de Zenata est le foyer d’un bon nombre de nuisances que la société d’aménagement (SAZ) s’engage à atténuer. Parmi ces éléments de nuisance, l’on cite la pollution générée par la ligne THT (haute tension), la circulation des poids lourds, les crevasses, des zones inondables et inconstructibles ou encore le passage de trains…
La première zone de développement compte 400 ha. Elle devrait accueillir 77.000 habitants. Les premières livraisons, parc Retail compris, se feront en 2015-2016.
La ville nouvelle sera livrée dans son intégralité dans 20 à 25 ans.

Eco-cité

Situé dans la deuxième couronne nord du Grand Casa (sur la commune d’Aïn Harrouda), le site de Zenata s’étend sur une superficie globale de 1.830 hectares et longe la façade atlantique (5,3 km de longueur de côte et 3 km de profondeur de la plage à l’autoroute).
Un territoire tampon à mi-chemin entre Casablanca et Mohammedia. La particularité de ce nouvel espace urbain est qu’il s’inscrit dans une logique de développement durable. «Cette vocation n’est pas un simple label marketing, mais elle s’inscrit dans les fondamentaux du projet», tient à préciser Amine El Hajhouj. Une orientation qui a certes un surcoût sur le projet.
L’aménageur estime que le coût lié au développement durable reste négligeable, il ne devra pas dépasser les 10% de l’ensemble des constructions. La composante développement durable s’articule autour de 10 principes fondamentaux. Elle passera avant tout par un nouveau concept de mobilité dont la pièce maîtresse se veut une gare multimodale. Un noyau dur et un point d’irrigation pour accueillir tramway, train, bus… Le développement de modes doux avec pistes cyclables est l’une des priorités de ce positionnement.

 

Amin RBOUB

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