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Culture

Contemporary African Art Fair: à Marrakech, la culture reste «Capitale»

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5701 Le 19/02/2020 | Partager
3e édition de la 1-54, première foire internationale dédiée à la promotion de l’art contemporain d’Afrique
Une ville en effervescence culturelle
Une synergie des acteurs de la ville en exemple

Qu’importe si Marrakech n’est plus la capitale culturelle de l’Afrique pour 2020, la ville ocre s’apprête à vivre une semaine des plus arty avec la troisième édition de la 1-54, la Contemporary African Art Fair, qui s’établit à partir de ce jeudi dans le mythique palace de la Mamounia.

La première foire internationale dédiée à la promotion de l’art contemporain d’Afrique et de la diaspora présente une sélection de 20 galeries du 22 au 23 février 2020, précédée d’un vernissage pour la presse et les collectionneurs les 20 et 21 février. Née en 2013 à New York, la 1-54, créée par Touria El Glaoui, est désormais un évènement international incontournable pour les amateurs et collectionneurs d’art.

Après une version londonienne en 2015, la manifestation s’installera pour la première fois en Afrique, en 2018. «Le choix de Londres et New York est évident parce que ce sont des capitales mondiales de l’art et qu’il fallait qu’on ait une visibilité dans ces plateformes internationales.

Le choix de Marrakech répond à une démarche différente. D’abord il est important qu’un évènement qui traite de l’art contemporain africain se passe en Afrique, il faut que les Africains voient de l’art africain sur leur continent.

Depuis 2013 c’est donc un but en soi, sauf que la majorité des collectionneurs sont à l’étranger. New York et Londres marchent avec une certaine dynamique de collectionneurs internationaux, mais avec très peu de collectionneurs africains. Or cette audience-là existe, elle grandit chaque année et on la voit se déplacer à Londres et à New York et ils sont heureux de venir à Marrakech.

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Soad Abdelrasoul, Plongée dans la nature, 2017 (Ph. Galerie Mashrabia d’art contemporain)

L’idée en fait c’est de créer une plateforme et une destination internationale en Afrique et pour ça Marrakech est la ville la plus indiquée. Elle réunit l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient» nous disait l’initiatrice du projet, lors de la précédente édition. Pari gagné.

Aujourd’hui ce sont quelque 20 galeries de premier plan provenant de 10 pays: l’Afrique du sud, l’Allemagne, la Belgique, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, la France, l’Italie, le Maroc, le Royaume-Uni et le Sénégal qui présenteront les travaux de plus de 70 artistes émergents et reconnus, travaillant via une multitude de médiums et représentant une grande variété de perspectives.

Les artistes exposés proviennent de 20 pays: l’Afrique du Sud, l’Angola, la Belgique, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, les États-Unis, la France, le Gabon, le Ghana, la Guinée-Bissau, Madagascar, le Mali, le Maroc, le Nigeria, la République du Congo, la République Démocratique du Congo, le Sénégal, le Soudan et le Togo. 

La 1-54  propose également trois expositions individuelles avec trois artistes majeurs du continent. Le soudanais Hussein Salim, le camerounais Jean David Nkot et enfin le marocain Mounir Fatmi. Adossé à cela, un programme de conférences proposera des discussions d’artistes et des tables rondes avec des conservateurs, des artistes et des producteurs culturels du monde entier.

Le projet sera dirigé par l’équipe de conservation de The Showroom, s’inspirant pour sa méthodologie de son programme Communal Knowledge, un espace artistique indépendant dont le but est de générer un engagement auprès de sa communauté locale du Nord-Ouest de Londres  et qui explorera le potentiel de transposition de cette méthodologie dans d’autres contextes.

L’objectif étant d’élaborer une nouvelle feuille de route des méthodologies collectives organisationnelles et institutionnelles issues de cette rencontre entre artistes, militants, institutions et organisateurs communautaires.  De Somerset House à Londres, en passant par le Pioneer Works à New York, à la Mamounia à Marrakech, l’initiatrice du projet à réussi à renforcer le réseau mondial développé par 1-54 au cours des sept dernières années permettant à l’événement d’élargir son influence et de diversifier la liste des galeries exposantes ainsi que des artistes présentés. Mais au-delà du succès commercial, c’est indéniablement la dynamique exceptionnelle enclenchée par la 1-54 dans la ville ocre qui est à saluer.

Fait assez rare dans le landerneau culturel national, où les petits calculs personnels font souvent avorter toute tentative de fédération, les acteurs de la ville ocre semblent avoir compris tout l’intérêt d’une synergie culturelle. Grâce à ces efforts, et à une scène artistique des plus dynamiques, Marrakech est aujourd’hui l’une des villes les plus attractives du continent, dans le domaine des arts visuels. 

C’est ainsi que la ville entière s’apprête à entrer dans un tourbillon culturel, où expositions, performances, talks et autre vernissages mondains vont se succéder à grande allure. Un long week-end intense auquel participent les principales institutions et galeries de la ville  à travers un  vaste programme d’évènements parallèles à la foire.

Parmi elles, les plus importants ou les plus pointus, tels que le Musée d’Art Contemporain Africain Al Madeen (MACAAL), le Musée Yves Saint Laurent Marrakech, la Fondation Montresso*, Le 18 derb El ferrane, le Comptoir des Mines Galerie ou encore l’Institut français.

Un bon carnet d’adresses

Il est évident qu’au-delà de l’énergie créative et culturelle qu’elle engendre, une foire ne peut survivre que par les acheteurs et autres collectionneurs qui font le déplacement des autres villes mais surtout de l’étranger. Pour organiser un tel évènement, il faut avoir  un sérieux réseau d’influence. Ce qui est visiblement le cas de Touria El Glaoui, fille du peintre Hassan El Glaoui et petite-fille de Thami El Glaoui, le puissant pacha de Marrakech. Dès la première édition, de grands collectionneurs ont répondu présent à l’instar de Clothilde et Bernard Herbo ou Catherine et Bertrand Julien-Laferrière, habitués des éditions londoniennes et new-yorkaises. Le spécialiste de l’art contemporain  Daniel Tamplon, premier à faire découvrir en France des artistes comme Jean Michel Basquiat ou Andy Warhol, la galeriste et théoricienne de l’art Michelle Obadia,  les célèbres marchands d’art parisiens Pierre et Marianne Nahon, le directeur Europe de la maison Artcurial Martin Guesnet, le directeur du Musée d’Art moderne de New York, Glenn Lowry, et Zoe Whitley de la Tate de Londres. Des collectionneurs nationaux également dans l’assistance, tels qu’Elisabeth Bauchet Bouhlal, patronne de l’hôtel Essaadi à Marrakech, Mohammed Bouzoubaa , PDG de TGCC et sponsor de la 1.54 ou encore Alami Lazrak, PDG d’Alliances et grand amateur d’art africain. Simon Njami, le directeur artistique de la Biennale de Dakar, le  président de l’Institut du monde arabe Jack Lang, la curatrice internationale Marie Ann Yemsi, Jennifer Flay, directrice de la FIAC… étaient aussi de la partie.

Des femmes à l’honneur

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Seloua Ejjennane, Commandar, 2016 (Ph. GDEB)

La 47 galerie Dar el Bacha propose à  Dar Moulay-Ali, Maison de la France, une exposition collective 100% féminine.  Soulèvements d’Alter Ego s’inscrit dans le désir de mettre à l’honneur la pluralité des artistes femmes marocaines simultanément qu’au refus de toute stigmatisation. Le rôle visuel participe à une collectivisation de la pensée autour de la figure féminine comme réponse aux enjeux sociétaux. Sans s’être passé le mot, le rouge est ici en filigrane entre les artistes. La couleur circule entre toutes, entre leurs veines et leur propre architecture. La féerie baroque d’Amina Benbouchta ébranle les non-dits saccageurs. L’exploration intime de Deborah Benzaquen sonne l’entendement de l’amour éternel. Les tissages de Soumiya Jalal amènent la transmission artisanale à une portée transcendantale. Les sculptures décalées de Seloua Ejjennane nous interpellent sur leur double-sens.

                                                                                     

Yoko Ono au Macaal

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Akira Ikezoe. CoconutHeadsaround the Ceramic Studio, 2019. Oil on canva. Courtesy the artist

Have you seen A horizon lately? un questionnement qui nous invite à percevoir et appréhender le monde différemment. Tiré  d’une chanson de Yoko Ono l’exposition collective, proposée par le Musée d’Art Contemporain Africain Al Maaden (MACAAL) et commissariée par Marie-Ann Yemsi explore la «Politique de l’espace/lieu».  Elle présente une sélection d’œuvres d’artistes internationaux émergents et établis, dont Yoko Ono (États-Unis), Kapwani Kiwanga (Canada - France), Rahima Gambo (Nigéria) et Amina Benbouchta (Maroc). À travers une variété de médiums et de nouvelles œuvres produites pour l’occasion, l’exposition voit ces artistes remettre en question leur environnement de manière sensible et engagée. Qu’ils soient inspirés par l’architecture, l’archéologie du paysage urbain ou les géographies personnelles en lien avec le corps et l’histoire, le travail de ces artistes contemporains entre en forte résonnance avec certaines des interrogations les plus urgentes qui agitent le monde actuel. Les questions autour de l’écologie, de la répartition inégale de la richesse et du pouvoir, de la colonisation des territoires, des situations d’oppression ainsi que les conceptions figées et réductrices en matière d’identité sont autant de thèmes explorés dans l’exposition.

                                                                                     

Territoires

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Dérive, 2019 Installation murale Ardoises traditionnelles en bois et argile blanche (Ph CDM)

Le Comptoir des Mines Galerie présente deux expositions dans son espace à Guéliz. Ressala est une exposition majeure de l’artiste Mohamed Arejdal dotée d’une dimension muséale et découle d’une volonté de défendre une vision alternative de l’art au Maroc et de proposer une autre lecture de la notion d’un «Grand Sud». Ne se limitant plus à un territoire spatial ou à une géographie du tiers monde, le « Grand Sud» mis en avant par l’artiste trouverait davantage son sens dans un agrégat de 7 coutumes, de pratiques humaines et de cultures devenues «minoritaires» qui se démarquent d’une «définition occidentale». Le rapport à la modernité, le colonialisme, les signes du sacré, les liens sociaux, les frontières et le nomadisme, sont les préoccupations ardentes de Mohamed Arejdal. Depuis sa récente installation à Tahanaout après avoir ressenti le besoin de quitter Casablanca, Fatiha Zemmouri réfléchit beaucoup à l’action de l’homme sur son «territoire intime, sa maison, son jardin, ses parcelles agricoles» et celle plus vaste opérée à l’échelle d’états et de régions. Elle porte un regard sur la question de l’appropriation et du bornage des terres à l’échelle individuelle, puis de transformations que chacun ressent pour créer son territoire idéal. Cette préoccupation la pousse à regarder et analyser l’histoire du monde lorsque des nations dominantes ont pu se partager des vastes territoires à l’époque coloniale pour servir leurs intérêts économiques.

                                                                                     

Azéma, enfin l’expo

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Maquette paysage kasbah, 1977 Gouache on cardboard (Private collection, Casablanca)

Le musée Yves Saint Laurent Marrakech présente la première exposition rétrospective consacrée au travail de Jacques Azéma (1910-1979), artiste français qui découvre Marrakech en 1930. Sa peinture, fortement empreinte de symbolisme, restitue un Maroc très personnel. Jacques Azéma a exercé une importante influence sur les artistes marocains de son époque, à Marrakech mais également à Casablanca, où il a longtemps enseigné à l’École des Beaux-Arts. Cette exposition rassemble une quarantaine de dessins et peintures s’articulant autour de trois thèmes majeurs dans le travail de cet artiste: les recherches géométriques, les scènes de genre et l’homme. Il vit dans la médina près de son sujet: la rue, ses petits vendeurs et les acrobates sur la place. Il voyage et découvre avec eux les hammams de Marrakech. Les compositions et la manipulation libre des perspectives l’écartent du naturalisme «orientaliste» qui sévit a l’époque. Sa formation littéraire et artistique proche des surréalistes, lui donne le goût des recherches géométriques dans les formes, leurs inversions et la traduction du mouvement.

Amine BOUSHABA

 

 

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