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    L'Edito

    Moralisme

    Par L'Economiste| Edition N°:4182 Le 30/12/2013 | Partager

    «Nous sommes propres»... Pendant longtemps, le PJD turc a surfé sur cette image auprès de ses militants. Une perception qui semble chavirer avec le scandale politico-financier qui éclabousse depuis quelques jours le Premier ministre Erdogan et son entourage. Ces rebondissements sonnent la fin d’un mythe. Dans le sillage du printemps arabe, c’est ce modèle qui a fait rêver de nombreux pays qui se sont cherché un repère et ont pensé l’avoir trouvé quelque part au bord de la mer Noire. Comble du paradoxe, ce qui arrive aujourd’hui est quelque part aussi le résultat d’une grande lessive judiciaire à laquelle le PJD a appelé lui-même depuis son arrivée au pouvoir. Les commandements passaient tant que  l’assainissement  ne prenait pas des allures de «faites ce que je dis, mais pas ce que je fais».
    A vrai dire, ces soupçons de corruption et de népotisme surprennent peu de personnes en Turquie où les frontières entre affaires et affairisme ne sont pas toujours étanches. Tant que l’embellie économique était là et tant que les services publics était correctement assurés, l’opinion publique semblait fermer les yeux par une sorte de compromis tacite avec le pouvoir. Ce contrat a été rompu par la crise et par les répressions violentes des manifestations de mai et juin. Du coup, une bonne partie de la population turque a de plus en plus de mal à accepter la théorie du complot avancée aujourd’hui par le camp Erdogan.
    Certes, il est prématuré de se prononcer sur la chute du gouvernement turc et même sur l’aboutissement des procédures judiciaires. Erdogan a bien pris soin de renforcer la pression sur le système politique et a fini par contrôler l’institution militaire, laquelle a joué pendant de nombreuses années le rôle de contre-pouvoir. De surcroît, la suite du feuilleton dépendra de l’attitude des alliés américains et européens d’Ankara. Alliés qui, jusque-là, ont fermé les yeux sur ce moralisme despotique.

    Mohamed Benabid

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