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L'Edito

Microcrédits

Par L'Economiste| Edition N°:3173 Le 18/12/2009 | Partager

Le secteur du microcrédit termine l’année mieux qu’il ne l’avait commencée. Cependant ce tout début de redressement doit encore être confirmé dans les six à douze mois qui viennent.En effet, contrairement aux banques et surtout aux assurances dont les tendances montrent une rigidité certaine, le microcrédit bouge vite. Il lui avait fallu moins de dix-huit mois pour passer de 1% d’incidents de paiements à 5,3% à la fin de 2008, puis 7% en moyenne, au milieu de l’année en cours, avant de redescendre maintenant. Bien sûr, on fera remarquer que des taux d’incidents (des retards de 30 jours et plus) aux alentours de 7% ne devraient pas faire peur. Le système bancaire classique souffre davantage. Mais justement, ce n’est pas la même logique. Le microcrédit est plus sensible, plus volatil; les associations de microcrédits n’ont pas de ressources propres: elles doivent impérativement se tenir très en dessous du niveau de risque ordinaire pour attirer la confiance des banques. En effet, c’est ces dernières qui apportent l’essentiel des fonds, donc sans un différentiel avantageux le circuit se bloquerait.Que conclure de cette mésaventure? D’abord, qu’il faut aller vite, très vite: sans la décision difficile mais très rapide de Zakoura d’aller s’abriter sous l’aile de la Fondation de la Banque Populaire, que serait aujourd’hui l’image de tout le secteur? Un désastre, peut-être. Il faut aussi apprendre le principe de réalité: le microcrédit n’est qu’un outil, il n’est pas le remède unique et miraculeux pour lutter contre la pauvreté et il trouve ses limites lorsqu’on va vers les plus pauvres d’entre les pauvres. Pour eux, il faut autre chose, à composer avec la structuration apportée par les services publics de l’Etat et la souplesse des interventions privées.Et enfin, dernière leçon, un adage qu’il faut aménager: quand il est bien géré, l’argent appelle l’argent; s’il est mal géré, c’est les voyous qu’il appelle.Nadia SALAH

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