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L'Edito

Maisons tueuses

Par Nadia SALAH| Edition N°:4833 Le 11/08/2016 | Partager
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Dans la gestion publique, il y a des moments où il faut changer de méthode. Sinon, on étouffe le secteur qu’on veut développer. Le Maroc a connu ces situations. La plus forte fut celle des prix encadrés où, durant des années, on s’est acharné à faire des contrôles qui ne servaient à rien sur le terrain, alors que les prix fixés par l’Etat étaient déjà anormalement élevés. On a changé de façon de faire: favoriser la concurrence (au lieu de s’épuiser à surveiller) puis libérer les prix, qui ont baissé! Tout bénéfice sur toute la ligne, car la méthode avait été changée.
Aujourd’hui, voici un dossier bien plus cruel: les effondrements de maisons ont coûté plus de vies que tous les attentats terroristes des 15 dernières années.
Chacun réclame des contrôles et encore des contrôles. Les ministres nient leur  responsabilité politique ou promettent tout et n’importe quoi sur le quadrillage serré des contrôleurs. Pourtant, les maisons continuent de tuer leurs habitants. Il ne peut statistiquement pas en être autrement. Personne ne sait combien il y a de bâtiments au Maroc. 20 millions? 30 millions? Quoi qu’il en soit, il n’y a pas assez d’adultes sur le sol marocain pour effectuer les contrôles que le gouvernement promet. Il ne faut donc pas le croire: sécuriser ne passe pas, ne passe plus par les anciens contrôles. Inspecter ne peut plus être fait que par sondages. Prétendre le contraire, c’est se moquer des citoyens.
En revanche, il faut changer de méthode: être intraitable et hyper-sévère avec les fraudeurs (car il y en a) et l’être publiquement, avec des conférences de presse de procureurs au moment des procès. Et de l’autre côté, il faut s’occuper tout de suite d’éducation-sensibilisation de façon à ce que chacun sache qu’il prend de gros risques lorsqu’il tripote les murs porteurs.

 

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