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L'Edito

Liberté

Par L'Economiste| Edition N°:3368 Le 23/09/2010 | Partager

ETES-vous prêts à sacrifier votre assurance maladie privée? La question devrait sans doute être posée en ces termes et plus rapidement que prévu. L’amendement, programmé au Conseil de gouvernement d’aujourd’hui, de l’article 114 relatif à l’AMO met fin au suspense de la période transitoire. En clair, au bout de trois ans, tout le monde bascule obligatoirement vers le régime CNSS. Aux yeux de beaucoup, ce rebondissement ouvre une longue période d’incertitude. Une telle mesure aurait sans doute mérité beaucoup plus de débats vu sa portée. Personne n’est contre le principe de l’AMO. Pour une partie et une grande de la population, il n’existait aucun dispositif de prise en charge, et du coup il était naturel de mettre en place un filet de couverture médicale. Que ce système titube au départ, importe peu. Après tout, l’on commence de très bas. Mais à côté de çà, il existe une autre catégorie qui était déjà couverte par le privé. Et plutôt bien couverte. Et il n’est pas certain qu’elle soit assez prête à basculer vers l’autre régime ni à ce qu’on bureaucratise son assurance par des carcans réglementaire ou administratif. L’option éventuelle, à savoir que les assurances privées s’inscrivent à terme dans une démarche de couverture complémentaire n’est pas dénuée de risque. Avec des maladies graves d’un côté, et celles qui le sont moins de l’autre. De plus, on le sait, la constitution de structures hypertrophiées est ingérable et renforce la prise de risques. Est-ce qu’il n’est plus raisonnable de faire jouer la complémentarité d’expertise?Enfin, au-delà des impératifs de survie du régime d’assurance maladie obligatoire, et aussi de préservation des intérêts des assurances privées, c’est d’abord et avant tout une question de liberté de choix, de liberté individuelle tout court.Mohamed BENABID

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