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    L'Edito

    Légiférer l’histoire

    Par L'Economiste| Edition N°:3685 Le 26/12/2011 | Partager

    Le Parlement français est en train d’adopter une loi sur le génocide arménien, qui s’est produit il y a un siècle sous le régime de l’Empire ottoman, disparu depuis belle lurette. Cette loi interdira de contester ce génocide, intellectuellement, sous peine de sanction pénale.
    Cela revient à «légiférer l’histoire», à empêcher quiconque d’apporter une lecture nouvelle.
    Il est clair qu’il s’agit de harceler la Turquie contemporaine, politiquement et moralement. Néanmoins, recourir à la loi pour imposer une lecture politiquement correcte des faits historiques est une démarche fascisante, une tentation totalitaire. Lorsque cela se produit en France, c’est plus grave.
    C’est dans ce pays qu’est né le Siècle des Lumières; c’est de la France que la Révolution de 1789 a rayonné sur le monde entier par les principes qu’elle a fondés.
    Mais aujourd’hui, les descendants de ces immenses progrès veulent imposer par la force de la loi une pensée unique à propos de faits historiques.
    Nul ne conteste le génocide arménien, mais, c’est autre chose quand le législateur intervient dans un domaine purement intellectuel: cela dénote l’installation d’une pensée totalitaire. Il est à craindre que ce ne soit que le commencement.
    Chaque fois qu’un tel chemin a été pris, il a conduit à brûler les livres et à enfermer tous les contestataires, voire les détruire physiquement. La liberté de penser, fondement même du libéralisme, et qui produit l’enrichissement de l’humanité à tous points de vue, est directement menacée par ce genre de loi et par ce qu’elle suppose comme approche intellectuelle.
    On conçoit que la crise économique et le racolage politique produisent leurs effets sur la France. Mais que cela aille jusqu’à mettre en cause la liberté de penser, il y a lieu pour tous les démocrates et les libéraux de s’inquiéter sérieusement pour l’avenir, et pas seulement celui de la France.

    Abdelmounaïm DILAMI

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