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Le temps

Par L'Economiste| Edition N°:3443 Le 12/01/2011 | Partager

LA Cour d’appel du tribunal administratif de Casablanca vient d’autoriser la démolition d’un immeuble que la célèbre association Casamémoire voulait sauver, en raison de sa valeur architecturale et historique.
Cette affaire est donc l’inverse du dossier dit «Hôtel Lincoln», un bâtiment dont la façade mauresque ornait le boulevard Mohammed V de la capitale économique. Ce dossier est toujours en panne : la façade est classée, mais il n’y a pas de mécanisme financier pour la réhabiliter. Parce qu’il est dans cette situation de délabrement, ce bâtiment a déjà tué une personne, qui s’y croyait à l’abri.
Ce genre de bataille juridique va se reproduire, et pas seulement à Casablanca. On voit déjà des cas à Tétouan, Tanger, Fès et Meknès, avec parfois, là encore, des morts.
Il y a trois bonnes raisons à la multiplication de ces affaires. D’abord les villes vieillissent; ensuite, il y a de plus en plus de personnes sensibles à l’histoire et au patrimoine et enfin, la pression immobilière de plus en plus forte s’attaque frontalement aux vieux bâtiments, quel que soit leur intérêt par ailleurs. De plus en plus souvent, l’actualité se fera l’écho de jugements. Ceux-ci seront sans doute contradictoires car, précisément, il n’y a pas plus de doctrines que de financements pour définir une politique fiable dans ce domaine.
En fait, il ne sert pas à grand-chose d’aligner les cas les uns derrière les autres. Cela ne fait pas avancer la politique patrimoniale du Royaume d’un pouce. Les textes sur le patrimoine ne sont plus adaptés au temps présent. Avec les textes actuels, on peut aussi bien interdire à un artiste vivant de valoriser son travail que permettre l’exportation de rarissimes objets archéologiques et religieux. Schéma identique pour le patrimoine urbain.
Même si un juge interdit la destruction, sa décision n’aura aucun sens. Le temps, lui, détruira, car nul n’a l’argent qu’il faut pour conserver.

Nadia SALAH

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