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    L'Edito

    L'éditorial

    Par L'Economiste| Edition N°:704 Le 15/02/2000 | Partager

    Un pays a-t-il besoin de cultiver son image? Après tout "l'image de marque" est une notion commerciale, et un pays n'est pas une entreprise. Regardez l'Amérique qui organise un embargo sur l'Irak, ou la Russie qui bombarde la Tchétchénie; elles ne se soucient pas du qu'en-dira-t-on international. Les grand pays agissent. Les petits pays paraissent; ils enrobent leur réalité de la richesse ou de la démocratie qu'ils n'ont pas.
    Quand L'Economiste organise un sondage sur l'image du Maroc en France, tombe-t-il dans ce piège, hérité du vieux "complexe du colonisé"?
    Déjà les Marocains ont tendance à ne se regarder que dans les miroirs étrangers. En fait, il ne s'agit que de Français, pour une simple question de langue. Le miroir anglophone, celui qui domine l'époque, est complètement oublié. Résultat, un article dans "Le Monde" ou un reportage sur "TV5" est automatiquement crédité de vérité absolue; il remue notre ego et nos discussions de salon. Or il est partiel et partial, car fait à travers le prisme intellectuelo-parisien.

    Cette recherche d'une bonne image, bourrée de complexes et de vanité doit être dépassée par le Maroc, car nous sommes flattés des applaudissements, mais nous avons aussi besoin de la recette. Aujourd'hui, l'image cultivée à l'étranger est capitalisée en intérêts commerciaux. Chirac et Clinton se considèrent comme des représentants de commerce de leur économie. Nous voulons aussi retrouver les bénéfices d'une bonne image, dans les investissements étrangers, les exportations, le flux touristiques... D'ailleurs, la France est aujourd'hui sondée, car c'est encore pour nous le premier pays émetteur, notre plate-forme d'accès à la mondialisation. Sur ce pays ou sur les autres, le Maroc doit donc capitaliser sur son image. Quand il l'aura bien fait, il deviendra leur partenaire commercial à part égale, puis un concurrent, peut-être une menace pour des secteurs. Comme pour l'Asie, son image sera controversée, mauvaise. Mais là, ce sera un bon signe.

    Khalid BELYAZID

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