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    L'Edito

    Indigence

    Par L'Economiste| Edition N°:2931 Le 30/12/2008 | Partager

    La barbarie a un nom. Depuis quelques jours, Gaza est sous les bombes de l’aviation israélienne. Les bombardements, cruels et disproportionnés, fauchent et blessent des civils et des enfants par centaines. Ces massacres, dans d’autres endroits, auraient mobilisé le Conseil de sécurité dans les heures qui suivent; là, la communauté internationale s’est limitée à des condamnations du bout des lèvres, comme pour se donner bonne conscience. Elle regarde ailleurs surtout qu’officiellement, Israël cible les islamistes du Hamas. C’est une dangereuse dérive qui consiste à cautionner l’idée selon laquelle les actes militaires contre les populations se justifient par la lutte anti-terroriste. Sur le plan intérieur, travaillistes et kadimistes se radicalisent sur la question de la sécurité pour une honteuse exploitation politicienne: mieux se positionner dans la campagne électorale en cours en Israël.Dans ce drame, Israël a sournoisement profité de la transition de pouvoir entre une administration Bush partante et une équipe Obama qui n’est pas encore en poste. Mais attention, ces violences israéliennes nourrissent un sentiment de haine envers Washington, la seule puissance au monde capable d’influer sur la politique d’Israël. En termes d’image, les USA se remettent difficilement du bilan désastreux de Bush. Aujourd’hui, s’il ne veut pas décevoir l’espoir de changement suscité dans le monde entier par son élection, le nouveau président devra commencer aussi son mandat par résoudre le conflit israélo-palestinien. Dans le monde arabe, c’est l’impuissance. Les populations organisent un peu partout des sit-in et des marches. Ces manifestations de colère sont bien mais ne suffisent pas si elles ne sont pas relayées par les Etats. Malheureusement, l’absence de riposte énergique vient, encore une fois, confirmer l’indigence arabe.Mohamed CHAOUI

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