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L'Edito

Immobilisme rentier

Par Nadia SALAH| Edition N°:5605 Le 02/10/2019 | Partager
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Ce fut sans doute la première grève de l’histoire du Maroc: à la fin du XIXe siècle, les bateliers du Bouregreg ont refusé de faire la traversée parce que le Sultan Moulay Hassan Ier projetait de construire un pont, celui qui fut le plus près de l’Océan.

Les pessimistes regarderont peut-être cet arrêt de travail comme la preuve d’une opposition  spontanée et systématique aux changements. Tout en admettant que ce n’est pas une infirmité spécifiquement marocaine. La maladie frappe particulièrement les centrales syndicales.

Au Maroc, contrairement à la Tunisie par exemple, le monde syndical n’est pas partie au pouvoir. On ne peut même pas dire qu’il a des platebandes protégées comme en France. Est-ce à cause des divisions? Peut-être que oui, peut-être que non. A cause des syndicalistes islamistes, présents dans les secteurs publics de la Santé et l’Enseignement? Même réponse.

On se souvient de 2015, inventant le «boycott du 1er mai». En fait, on y reconnaissait l’affaiblissement abyssal des syndicats: 3,3% des salariés sont affiliés, à jour ou pas des cotisations (Lire article).

Les entreprises, comme les administrations, ont tout le mal du monde à faire en sorte que leurs employés votent lors des élections professionnelles, avec ou sans candidats syndiqués. Ce canal de représentation n’attire plus les salariés, même lorsqu’il y a de la bonne volonté chez les employeurs.

En fait, les syndicats ont colonisé une autre sorte de représentation: la Chambre des conseillers, le Dialogue social et le CESE. Ils n’y parlent pas exactement au nom des salariés. Ils y représentent les… Centrales, avec un pouvoir de blocage, mais pas une force de proposition. C’est très regrettable car ils ratent les changements de notre époque et sans doute participent-ils involontairement au chômage et à la faible productivité.

Pas sûr que la future loi va changer quelque chose à cet immobilisme rentier.

 

 

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