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L'Edito

Immobilisme

Par L'Economiste| Edition N°:1026 Le 28/05/2001 | Partager

Pendant dix ans, les partis au pouvoir ont fustigé les codes électoraux de Driss Basri. Fustiger est un mot faible: ils en ont dit pire que pendre. Ils ont promis monts et merveilles de leur code électoral à eux et c'est vrai que ce qu'ils ont fait est époustouflant: après moult discussions, des mois et des mois de travail acharné, ils ont décidé... de reprendre le code de Basri.Aujourd'hui, si la rencontre n'est pas encore une fois reportée, une commission interministérielle se penchera sur la faillite de la Sodea. Combien de centaines de millions de DH seront encore pris sur les ressources de la Nation pour maintenir artificiellement en vie une entité publique au lieu d'avoir une vision un peu moins passéiste de l'agriculture? Quant à la CNCA, il faudra y remettre 1,2 milliard de DH, qui ne serviront à rien puisque l'Etat s'apprête, comme au bon vieux temps, à recommencer l'opération d'effacement des dettes des clients de la Caisse. Par rapport aux gouvernements de droite ou technocratiques, rien n'a changé sauf la taille des trous à boucher: ils ont grandi. De politique, de modernisation agricole, il ne faut pas en parler, ce n'est pas à l'ordre du jour. Comment s'étonner que la pauvreté batte des records historiques, selon les statistiques même de l'Etat: pas de politique agricole, pas de politique industrielle. Il faut de l'argent pour ces politiques, répondra-t-on. Or de l'argent, il n'y en pas puisqu'il est employé, par milliards, à maintenir en l'état ce qui aurait dû disparaître et qui plombe le progrès du pays.Pas surprenant dans ces conditions, que la Maroc exaspère et désespère ses partenaires, l'Espagne, la France, la Banque Mondiale, l'UE, qui vont finir par couper les vivres: Il ne sert à rien d'aider un pays qui ne se sert de l'argent et des compétences que pour financer et entretenir son immobilisme. Nadia SALAH

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