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L'Edito

Immobilier

Par L'Economiste| Edition N°:2901 Le 13/11/2008 | Partager

Enfin de la visibilité pour l’immobilier. Une démarche salutaire car personne ne souhaite un effondrement économique de ce secteur. Même pas le particulier: il sait qu’il gagnerait sur les prix mais serait perdant sur les perspectives d’emploi et de croissance du pays. Maintenant ce qui semble être une remise en selle ne doit pas dédouaner cette industrie d’impératifs de mise à niveau. A ressasser ces milliards de DH, ces milliers d’hectares, ces autres millions de logements en projet, l’on en oublierait presque les nombreuses insuffisances. L’immobilier est un cautère sur une jambe de bois qui s’appelle... urbanisme. Et à ce niveau les promesses gouvernementales n’ont pas toutes été respectées, loin s’en faut. Sur le terrain, l’on continue d’autoriser tout et n’importe quoi. Ces fameuses polices de l’habitat promises depuis Jettou n’ont toujours pas vu le jour, les normes de contrôle sont inexistantes sauf pour les chantiers de l’Etat. Et encore cela n’empêche pas certains bugs, où des édifices publics, des terrains de foot, nous font figurer dans le Guinness des aberrations architecturales. Les autorisations sont souvent monnayées et cela ne choque à la limite plus personne. Les bidonvilles continuent de proliférer avec la bénédiction et/ou la complicité des élus qui font tout pour ne pas dégraisser la vache... Les projets immobiliers ne s’opèrent pas toujours dans la transparence. Les lois sont bafouées sur des aspects éminemment stratégiques tels que la sécurité des bâtiments, les dimensions environnementales mais tatillonnes sur des détails insignifiants comme la couleur de la façade. Ici des pans entiers du domaine maritime sont quasi privatisées pour les besoins d’une maison sur front de mer, là il faut, au contraire, faire intervenir le tout Rabat pour débloquer son droit au permis d’habiter pour un showroom d’artisanat, un droit pourtant dûment validé au bout d’interminables procédures judiciaires! Les uns donnent l’impression d’être des intouchables, les autres asservis à divers bureaucrates et au clientélisme. Le gouvernement ne peut pas continuer dans la même voie.Mohamed Benabid

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