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L'Edito

Hypocrisie

Par L'Economiste| Edition N°:3362 Le 15/09/2010 | Partager

Sept millions d’enfants et d’adolescents sont en classe depuis hier, encadrés par plus de 250.000 enseignants.Justement, le ministère aimerait être sûr que chacun est à son poste. Il a fait savoir que les absences soient notées et qu’il en tenait le ou la chef d’établissement pour responsable. Il l’a fait savoir par voie de presse, au cas où ses circulaires se perdraient en route, ne seraient pas lues, ou seraient jetées à la poubelle avant d’être lues. Ainsi, grâce à la répercussion par les médias, les élèves et les parents aussi savent, quelle est la volonté politique. C’est bien. C’est nouveau. Pour une fois que la pensée de l’administration va aux élèves! Un bon point donc, dès le premier jour de classe, pour le ministère. Sauf que tout cela n’est que «paroles verbales». Des paroles évaporées encore plus vite qu’elles n’ont été dites. On sait que la transparence est le meilleur berceau de la performance, mais qui serait assez angélique pour ne pas voir qu’en l’absence de contre-pouvoirs, les enseignants sont liés entre eux par un pacte de silence? C’est la règle dans tous les corps professionnels, dans tous les groupes de travail, par-delà les jalousies et les rivalités. Même quand la Justice condamne, l’Ordre des médecins, lui, ferme les yeux sur des fautes autrement plus graves. Alors, quel imprudent dénoncerait une «simple absence de prof», qu’on peut, opportunément, échanger contre du silence sur un autre sujet? Le chef d’établissement est prisonnier de ce système: aucun n’est assez fou pour s’empoisonner la vie avec la dénonciation des absents.Et d’ailleurs l’exemple vient de haut: le Premier ministre n’avait-il pas dit qu’il amputerait le salaire des fonctionnaires grévistes? Il n’en a rien fait. Dans l’éducation nationale, dire et ne rien faire c’est pire. Quel exemple donne-t-on aux enfants? Celui de l’hypocrisie et de la corruption. L’école n’en a pas besoin.Nadia SALAH

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