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    L'Edito

    Géopolitique du phosphate

    Par Nadia SALAH| Edition N°:5273 Le 16/05/2018 | Partager
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    L'OCP a annoncé une troisième partie de sa stratégie mondiale. En fait, il n’est pas exact de parler de stratégie d’entreprise. En effet, il y a dans ces affaires des éléments qui dépassent la vente du phosphate à un maximum de clients.

    Trois points sont à relever.

    Le premier n’est pas très connu mais c’est le plus important car il s’agit de passer à la deuxième révolution agricole: nourrir la planète mais en mieux, avec des engrais adaptés au plus juste au sol et à la plante. La démarche écologique de ce travail n’échappe à personne. L’OCP le fait sans bruit au Maroc, en Ethiopie ou au Nigéria.

    Le deuxième élément est le barrage qui a été dressé contre le dévoiement du commerce maritime mondial, grâce au traitement de l’affaire du bateau saisi par la justice sud-africaine. L’enjeu, on le voit, est considérablement plus large qu’une bataille judiciaire avec le Polisario.

    Le troisième point est l’alliance avec l’émirati ADNOC, pour la valorisation du soufre et du phosphate. Parce que les plantes ne savent pas pousser sans soufre et phosphate, les deux minerais se partagent la même chaîne de valeur. Or, si on veut vraiment sécuriser la 2e révolution agricole, il faut organiser cette chaîne. C’est ce qui est en train de se faire. Et ce sur une échelle de taille planétaire.

    Ceci dit, d’autres opérations sont en train, qui concernent directement le Maroc, pour lesquelles les intox sur l’information sont très puissantes. Moscou, qui a la main sur le robinet de gaz alimentant l’Europe (comme Ankara a la main sur le robinet de migrants), souhaite prendre l’approvisionnement des engrais. Il lui faut donc éliminer les engrais marocains.

    La Russie compte se servir de la bureaucratie bruxelloise et de petits groupes plus ignorants qu’écolo mais très remuants, pour faire changer des normes et devenir le maître du terrain. Les enjeux sont colossaux… Surtout si, au Maroc, on s’amuse à démolir l’économie nationale.

     

     

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