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L'Edito

Génération perdue

Par Dr Mohamed BENABID| Edition N°:4990 Le 28/03/2017 | Partager
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Même si plus de 1,1 million de Marocains sont au chômage, ce chiffre n’est plus aujourd’hui l’un des visages les plus repoussants de la crise économique et sociale. Le chômage reflète en premier la situation de personnes qui ne sont pas en formation, qui voudraient bien travailler mais ne trouvent pas d’emploi, du moins si l’on se réfère à la définition de l’OIT pour les chômeurs actifs. Pour les Neet, c’est beaucoup plus grave. Les jeunes qui végètent, sans emploi, sans formation, ne sont, pour tout dire, nulle part. Ils  n’ont aucune visibilité sur l’avenir et à la limite ne croient plus en rien. Ni à l’emploi, ni à la formation alors qu’ils sont théoriquement capables d’assurer.

Dans un comportement quasi suicidaire, ils ne cherchent plus parce qu’ils n’ont plus confiance. On aimerait bien pouvoir les appeler, un peu à la Fadela Amara, la génération glandouille. Les tragiques conditions de vie chez beaucoup d’entre eux appellent cependant à un peu de décence. Dans les grandes concentrations urbaines, les ghettos des esprits se rajoutent désormais aux ghettos des murs.  A en juger par l’analyse que nous publions dans notre édition d’aujourd’hui, le phénomène est d’une ampleur que l’on ne soupçonnait guère jusqu’alors.

Le sujet a même largement débordé des frontières avec une catégorie de Neet marocains, les énigmatiques  enfants sniffeurs de colle, qui ont envahi depuis plusieurs mois des villes françaises et allemandes, en défiant autorités et ONG de ces pays. Il est difficile d’imaginer autre chose qu’un scénario destructeur pour les Neet eux-mêmes et pour le pays tout entier. Il est désolant de se sentir désolé pour les forces vives de la nation, quand une grande partie a sombré dans une profonde déprime au point de ne même pas pouvoir réclamer un plan de secours. Bien évidemment au cœur du débat l’on retrouve de nouveau le sempiternel constat d’échec de l’école et son incapacité chronique à jouer le rôle de régulateur des chances. Les Neet en sont l’un des résultats sonnants et trébuchants. L’un des pires scénarios, celui d’une génération perdue.

 

 

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